Les résultats en ballottage

L’opposition comorienne demande l’annulation des résultats de la présidentielle du 14 avril, proclamés par le ministère de l’Intérieur et donnant une très large majorité au président sortant. Alors que les chiffres officiels du scrutin n’ont toujours pas été donnés, la Commission d’homologation des élections est tiraillée.

Aux Comores, la Commission d’homologation des élections est partagée. Après le scrutin du 14 avril pour la présidentielle, les résultats officiels n’ont toujours pas été publiés. Les leaders de l’opposition demandent une annulation des résultats proclamés par le ministère de l’Intérieur, qui donnent au président sortant Assoumani Azali 100% des suffrages sur l’Ile de la Grande Comore et 88% sur l’Ile d’Anjouan.

 » La moitié des membres de la Commission s’est prononcée pour l’annulation, l’autre moitié défend les résultats « , résume Mohamed Ali, ministre des Finances du gouvernement d’union nationale.  » Résultat : la Commission a suspendu son travail car elle n’a pu trouver de consensus sur le sujet. Ses membres se sont quittés lundi en déclarant qu’ils ne validaient pas le scrutin. Ce qui ne signifie pas qu’ils l’annulent.  »

Hold-up électoral

Pour trancher l’épineux problème, c’est un autre organe de surveillance qui a pris le relais : le Comité de suivi. Alors que le colonel Azali refuse que la Commission touche aux résultats, l’opposition a affirmé dans un communiqué que la validation du scrutin du 14 avril pourrait conduire le pays à  » un tournant fatal  » et n’hésite pas à parler de  » hold-up électoral « .

Les deux candidats de l’opposition, le colonel Mahamoud Mradabi et le prince Saïd Ali Kemal, invoquent des  » irrégularités frauduleuses  » lors des primaires du 17 mars, ce qui les avait amenés à boycotter le scrutin du mois d’avril.  » Ils veulent montrer qu’il n’y a pas eu élection « , souligne Mohamed Ali, lui-même membre de l’opposition.

Pour l’heure, les Comoriens attendent.  » C’était déjà une situation électrique et maintenant, c’est le suspens : y aura-t-il ou non un second scrutin ?  » s’interroge Mohamed Ali. Le Comité de suivi devrait se prononcer dans les prochains jours voire les prochaines heures.

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