Les Etats-Unis suspendent 200 000 dollars de fonds destinés au Rwanda

Les Etats-Unis ont décidé ce dimanche de suspendre 200 000 dollars de fonds destinés au Rwanda en raison du soutien de Kigali aux mutins du M23. De son côté, Kigali fait savoir qu’il n’a jamais fourni d’armes, de munitions ou de recrues aux ex-rebelles du CNDP.

Les Etats-Unis mettent un frein dans leur coopération militaire avec le Rwanda. Le pays a décidé ce dimanche de ne pas allouer, comme prévu, les 200 000 dollars (164 000 euros) de fonds destinés à financer une école militaire rwandaise.

« A la lumière d’informations selon lesquelles le Rwanda soutient des groupes armés en RDC, le Département d’Etat a décidé qu’il ne pourrait plus fournir au Rwanda de financement militaire étranger pour l’exercice budgétaire en cours », souligne le communiqué du ministère américain des Affaires étrangères. « Le gouvernement américain est profondément préoccupé par des preuves montrant que le Rwanda est impliqué dans le soutien aux rebelles congolais, dont ceux du M23 », ajoute le Département d’Etat.

Kigali est accusé de fournir des armes, des munitions et des recrues aux mutins du Mouvement du 23 mars (M23), ex-rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) qui affrontent depuis le mois de mai les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans le Nord-Kivu. Des accusations validées par un rapport des experts des sanctions de l’Onu, publié mardi 26 juin.

Kigali contre-attaque

Le Rwanda dément catégoriquement. La ministre des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo a décrié une suspension de « nos amis américains » fondée sur de « mauvaises informations » et « factuellement fausses ». Et d’ajouter : « Comme nous l’avons dit depuis le début, le Rwanda n’est ni la cause ni le complice de l’instabilité dans l’Est de la RDC ». Avant de signaler que Kigali « réfutera ligne par ligne » le rapport de l’Onu lors d’une rencontre prévue avec les experts des sanctions.

Ces derniers jours, les relations entre le Rwanda et la RDC s’étaient pourtant réchauffées. Dimanche 15 juillet, Kigali et Kinshasa avaient accepté le principe, exprimé collectivement dans une déclaration, de la mise en place et du déploiement d’une force internationale neutre, pour sécuriser la frontière et neutraliser les rebelles dans le Nord-Kivu, province frontalière entre les deux pays.

Entre les mois de mai et juin derniers, les combats entre les FARDC et les mutins du M23 ont provoqué le déplacement de 200 000 personnes dont 30 000 réfugiées au Rwanda et en Ouganda, autre pays limitrophe de la RDC.

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