Les électeurs capverdiens aux urnes

Dimanche, les îles du Cap-Vert se rendent aux urnes pour élire les députés et le Premier ministre du pays. Après dix ans de pouvoir, la droite pourrait être malmenée par l’ancien parti au pouvoir du temps du monopartisme.

Demain dimanche, des élections législatives sont organisées au Cap-Vert afin d’élire le Premier ministre et les 72 membres de l’Assemblée nationale. Ces élections s’annoncent serrées entre l’ancien parti unique, le Parti africain pour l’indépendance du Cap-Vert (PAICV), et l’actuel parti au pouvoir, le Mouvement pour la Démocratie (MDP). En effet, les dernières élections municipales, organisées le 20 février 2000, ont été remportées par le PAICV au détriment du MPD. La capitale, Praia fait partie des 7 communes aux mains de ce parti contre 6 pour le MDP.

En espérant que ces législatives susciteront plus d’intérêt que les municipales – qui ont enregistré un taux d’abstention oscillant entre 40 et 50% -, dimanche les Capverdiens vont devoir faire un choix après dix ans de droite au pouvoir. Après dix ans de politique libérale de privatisations, de promotion de l’investissement étranger et du tourisme.

Pourtant, à droite comme à gauche, personne ne semble remettre en cause cette politique, car le Cap-Vert n’a pas d’autre option. Son économie se caractérisant par une forte dépendance vis-à-vis des ressources extérieures, le gouvernement, quel qu’il soit, n’a pas une grande marge de manoeuvre.

La place des émigrés

Les 232 720 électeurs que compte le pays devront donc choisir entre les cinq partis qui se présentent : le MDP, le PAICV, l’Alliance démocratique pour le changement (ADM), le Parti de la rénovation démocratique (PRD) et le Parti social démocratique (PSD). A noter : 6 des 72 députés sont élus par les Capverdiens résidant à l’étranger.

Les communautés émigrées constituent les deux tiers de la population capverdienne totale (par exemple 15 000 à 17 000 Capverdiens résident en France), et bien que leur poids économique soit encore faible, elles constituent pour le pays un poids politique non négligeable.

Quant aux prochaines élections présidentielles, elles auront lieu le 11 février prochain. La constitution empêchant l’actuel président, Antonio Mascareinhas Monteiro, de briguer un troisième mandat, les anciens Premiers ministres Carlos Veiga et Pedro Pires sont les principaux challengers.

Pour en savoir plus

La République du Cap-Vert est l’un des pays les plus pauvres du monde. Archipel volcanique de dix îles – dont neuf habitées – situé au large de la côte occidentale de l’Afrique, le Cap-Vert connaît aujourd’hui une situation économique difficile, notamment à cause de la sécheresse du climat.

Etat indépendant du Portugal depuis 1975, les îles du Cap-Vert vivent jusqu’en 1990 sous un régime de parti unique, le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), devenu après la rupture en 1980 avec la Guinée Bissau, le Parti africain pour l’indépendance du Cap-Vert (PAICV). En 1991, une série d’élections pluralistes met fin au monopartisme et instaure le multipartisme actuellement en vigueur. Le Mouvement pour la Démocratie (MDP) remporte 68% des voix aux législatives et 56 des 79 sièges au Parlement. Carlos Veiga (MPD) est élu Président.

Les dernières élections législatives remontent à décembre 1995. Le MPD gagne 50 des 72 sièges contre 21 pour le PAICV et 1 pour le Parti de la Convergence Démocratique (PCD). Le 18 février 1996, le président sortant Mascareinhas Monteiro est seul candidat et élu avec 80% des suffrages.