Les Caraïbes sans défense face aux séismes ?

La terre a encore tremblé ce week-end. Sans lien direct avec la catastrophe du 12 janvier dernier à Haïti, c’est la Guadeloupe et la Martinique qui ont été touchées par un séisme de faible intensité (de magnitude 4.7 sur l’échelle de Richter), dimanche. Haïti, Antilles françaises, mêmes risques ? C’est un fait, la zone est propice aux secousses sismiques. Une réalité qui soulève, dès lors, des préoccupations concernant les actions à mener pour assurer la sécurité des populations contre les tremblements de terre à venir.

La peur des séismes, aux Antilles, il faut apprendre à vivre avec. Et pour cause, la zone est sismiquement active en raison de sa situation géographique.
Une dizaine de jours après la catastrophe d’Haïti, la terre a tremblé en Guadeloupe et en Martinique, dimanche. Alarmés par ce qui se passe dans le pays voisin, Haïti, les Guadeloupéens et les Martiniquais attendent désormais le « Big one », le séisme qui fera de grands ravages. Cela va arriver, et on le sait. Mais quand? Les prévisions sont difficiles à entreprendre.

Plusieurs éléments permettent d’expliquer les faits. La région se trouve entre deux plaques tectoniques : celle de l’Amérique du Nord et celle des Caraïbes. «Cette dernière se déplace de deux centimètres vers l’est chaque année», explique Jérôme Von der Woerde, chercheur au CNRS. Or, un mouvement de coulissage peut entraîner de violents tremblements de terre.

En Haïti, la ville de Port-au-Prince se situe sur la faille d’Enriquillo, longue de 300 kilomètres. Seule une partie de la faille a rompu, ce qui a entrainé le séisme de magnitude 7. Cela n’était pas arrivé depuis le XVIIIe siècle. Les experts prédisent un autre grand séisme en Haïti, aussi fort, voire plus puissant que celui qui a dévasté Port-au-Prince.
En Guadeloupe et en Martinique, une catastrophe de même ampleur est envisageable étant donné que les Antilles sont sujettes aux séismes de subduction – l’interface se brise an contact des plaques atlantique et Caraïbe.

Si on savait, pourquoi n’a-t-on rien fait ?

Le risque sismique est donc connu depuis longtemps. Pourtant, en Haïti, la catastrophe n’a pas été évitée.
« Il faut bien distinguer deux choses, estime Jérôme Von der Woerde. Il y a la connaissance du risque d’un côté, et la manière d’y faire face de l’autre ». Haïti n’a pas les moyens de se protéger. Tel est le problème. Les constructions laissent à désirer et les précautions mises en place sont insuffisantes.

Dans l’immédiat, il est urgent que l’effort de reconstruction soit entrepris le plus rapidement possible, avec une amélioration des structures comme les hôpitaux et les écoles.

Mieux appréhender les risques

Bien souvent, les bâtiments publics ne répondent pas aux normes de sécurité dans les pays pauvres comme Haïti. Une évaluation approfondie du risque sismique en Haïti permettra dès lors d’améliorer les normes, a expliqué l’Institut géologique américain (USGS) dans son dernier bulletin.

Pour éviter les risques en Guadeloupe et en Martinique, un « plan séisme Antilles » a été crée le 17 janvier 2007 par le Conseil des Ministres français. Celui-ci vise à renforcer la sécurité des bâtiments et à développer de nombreuses actions de sensibilisation de la population vivant dans les zones à risques.

De cette façon, la population pourrait se préparer à l’avènement du « Big one » avec l’apprentissage des bons réflexes au moment crucial. En Guadeloupe, notamment, l’information porte sur les « kits de survie » que chacun doit avoir en cas de séisme.

La sensibilisation de la population sur les précautions à prendre en cas de danger est primordiale dans cette région. Des catastrophes pourraient ainsi être évitées.