Les bonnes reprises de l’automobile sud-africaine

Le secteur a le vent en poupe, en dépit du coût élevé des carburants. Le pays profite de la mondialisation accélérée des constructeurs.

Deux ans après les records de mévente enregistrés lors de la crise économique des pays émergents, l’industrie et le commerce automobile sud-africains envisagent l’avenir avec enthousiasme. Au premier semestre, les ventes ont augmenté de 19 % par rapport à la même période de 1999, s’établissant à 165 678 véhicules.

L’embellie se confirme en septembre (+ 13,3 %), portée par les achats massifs de flottes d’entreprise et par les commandes des services de l’Etat, lancées avant l’augmentation des tarifs prévue au 1er octobre. La tendance n’a pas souffert de la hausse continue du prix de l’essence. Les carburants ont renchéri de 27,4 % depuis janvier, en raison notamment d’un déséquilibre croissant entre le rand et le dollar US (la monnaie dans laquelle l’Afrique du Sud achète son essence). Au contraire, cette hausse semble accélérer le renouvellement des véhicules en l’orientant vers des petites cylindrées. Selon l’association des professionnels (NAAMSA), l’accroissement des ventes aurait même pu être supérieur en 2000, si ces dernières n’avaient pas été freinées, en juin, par l’inquiétude causée par les événements au Zimbabwe.

Les constructeurs investissent

Le secteur automobile est actuellement l’un des seuls créateurs nets d’emploi dans l’économie sud-africaine. 32 239 personnes y travaillaient en septembre, soit un bon miller de plus qu’en juillet. L’industrie est portée par les investissements productifs de plus en plus nombreux que les constructeurs y réalisent, y compris en vue de réexporter les produits. Après BMW en avril, c’est au tour de Volvo (groupe Ford) d’annoncer qu’il construira des voitures de moyenne gamme à Silverton, dans la banlieue de Pretoria.

La santé du marché sud-africain profite enfin à toute la région : le français Peugeot est ainsi en discussions avancées pour reprendre les activités du coréen Hyundai à Gabarone, au Botswana.