Les attaques contre le personnel humanitaire entravent les secours au Darfour

Les attaques contre les travailleurs humanitaires et les convois de nourriture se multiplient dans la région du Darfour, au Soudan, et entravent l’acheminement des secours d’urgence à des millions de personnes, selon des agences humanitaires. Il s’agit notamment de harcèlement de travailleurs humanitaires, d’enlèvements et de réquisitions de véhicules.

Selon la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS), le personnel humanitaire des agences des Nations Unies et des organisations non-gouvernementales (ONG) internationales a des difficultés à distribuer l’aide alimentaire prévue pour les populations du Darfour en raison de ces attaques.

« Les vols et braquages de véhicules et les pillages des convois des Nations Unies et des ONG se sont multipliés au cours de la semaine du 17 au 23 juillet, pour atteindre un total de trois vols de véhicules et huit attaques de convois », a révélé Radhia Achouri, porte-parole de la MINUS.

« On compte cette année 76 véhicules humanitaires volés et 77 convois attaqués et pillés », a ajouté Mme Achouri.

« Jusqu’ici, il y a eu 20 déménagements temporaires de travailleurs humanitaires, ce qui a des répercussions négatives sur l’aide humanitaire dans certaines régions », a poursuivi la porte-parole de la MINUS.

Cette année, le Programme alimentaire mondial (PAM) a fait état de 18 attaques contre ses convois de nourriture, et de quatre vols de véhicules à main armée. Six autres véhicules ont également été dérobés et 10 employés, dont certains étaient des prestataires externes, ont été détenus ou enlevés, selon l’agence.

« Le personnel et les prestataires externes du PAM se font arrêter sous la menace d’une arme, traîner hors de leurs véhicules et détrousser avec une fréquence alarmante », a déclaré Kenro Oshidari, représentant du PAM au Soudan, le 25 juillet.

« Ces attaques odieuses dont sont victimes ces mêmes personnes qui tentent d’aider les populations les plus vulnérables du Darfour, doivent cesser », a exhorté M. Oshidari.

Selon le PAM, l’insécurité croissante qui règne dans certaines régions du Darfour a empêché l’agence d’apporter une aide à 170 000 personnes en juin, et les attaques contre les convois de nourriture lui ont interdit l’accès à la ville de Kass, dans le sud du Darfour.

Les travailleurs humanitaires soutiennent les appels en faveur de pourparlers de paix entre les factions rebelles et le gouvernement, en vue de mettre fin au carnage qui a lieu dans la région.

Pourparlers de paix

Le 24 juillet, Jan Eliasson, l’envoyé des Nations Unies au Darfour, et Salim Ahmed Salim, son homologue de l’UA, ont déclaré qu’ils avaient envoyé aux chefs des rebelles des invitations aux pourparlers d’Arusha, en Tanzanie, en vue d’engager rapidement les négociations de paix avec le gouvernement. Ils n’ont pas précisé quels groupes rebelles avaient été conviés à la rencontre des 3-5 août, mais ont indiqué que les invitations avaient été adressées à des « figures de proue des mouvements non-signataires ».

Selon les déclarations de MM. Eliasson et Salim, l’objectif de la rencontre d’Arusha est de « faire le bilan des progrès réalisés au regard de la feuille de route et de permettre aux envoyés spéciaux de consulter les différents mouvements au sujet des préparations aux négociations finales, qui auront lieu prochainement ».

« Les discussions porteront essentiellement sur le rôle clé que devront jouer les parties prenantes soudanaises en vue d’un règlement rapide, négocié et durable du conflit au Darfour, et sur le format, le lieu et la participation aux négociations », ont-ils ajouté.

Irin