Le taxi-brousse de Papa Diop

Le taxi-brousse de Papa Diop est un très bel album jeunesse écrit et illustré par le dessinateur camerounais Christian Epanya. Il emmène les jeunes lecteurs de 4 à 10 ans, au Sénégal, sur la route de Dakar à Saint-Louis. Un voyage haut en couleurs !

« Je m’appelle Sène et j’habite à Saint-Louis du Sénégal. Quand je ne vais pas à l’école, j’aime accompagner mon oncle Papa Diop dans son taxi-brousse. » Ainsi commence le livre de Christian Epanya, à destination des enfants de 4 à 10 ans. Un superbe album chatoyant, illustré par des planches peintes à l’acrylique qui sont autant de saynètes de la vie quotidienne sénégalaise. On passe du garage de Rafik, le concessionnaire libanais, à la place des taxis de Saint-Louis. On fête la nuit au son des djembés, on assiste au mariage traditionnel d’une fille de marabout, à l’enterrement d’un membre de la communauté chinoise et à la naissance d’un bébé en plein trajet…

Christian Epanya explique qu’il a utilisé un style « drôle » de façon intentionnelle. Son sens du détail fait mouche et il faut scruter les arrières-plans en forme de clins d’œil. Le Sénégal, « où il y a de très belles couleurs », l’a inspiré et l’idée du livre remonte à loin… En 1998, il peint déjà un beau taxi brousse rouge écarlate, qu’il expose à Bobigny. « J’ai inventé l’histoire à partir de ce travail », explique-t-il. Il lui faudra 13 ans pour faire aboutir ce projet qui lui tient particulièrement à cœur.

Nourri à la bande-dessinée

Entre-temps, il n’a pas chômé. Il dessine pour la presse, comme Planète Enfants, illustre des livres scolaires (Hatier, Hachette), travaille avec des éditeurs français, américains, suisses-allemands ou bissau-guinéens. Sa principale source d’inspiration reste l’Afrique. Une inspiration qu’il nourrit au gré de ses nombreux voyages sur le continent, notamment en tant que formateur. « Je mets aussi des souvenirs d’enfance dans mes illustration et j’adore les tissus, les imprimés », explique le dessinateur qui utilise l’acrylique, l’aquarelle et les encres de couleur.

D’origine camerounaise, « né à Douala il y a une cinquantaine d’années », il a d’abord fait des études de biologie, parce-qu’il n’y avait pas d’école d’art dans son pays. Suivent des voyages, notamment au Gabon, et une série de petits boulots. En 1983, il entre chez Elf où il sera pendant 7 ans responsable du chargement du pétrole en mer… Un métier loin des crayons et des pinceaux ! Mais le virus du dessin qu’il a attrapé tout petit ne l’a jamais quitté pour autant. Il noircit des pages entières de bandes dessinées aux personnages et aux décors ultra-réalistes.

Prix Unicef 1993

Lorsqu’il montre ces travaux au directeur-adjoint du Centre culturel français de Douala, celui-ci l’aiguille sur les écoles d’art en France. Il débarque à Lyon et, au vu de son niveau, intègre directement la deuxième année de l’école. Il a 34 ans ! Il en sort en 1992 avec une mention et commence sa carrière d’illustrateur. En décembre de la même année, il expose au Salon du livre de jeunesse de Montreuil puis part à la Foire internationale du Livre de Bologne, « La Mecque de l’illustration pour enfants ». En 1993, il reçoit le Prix Unicef.

Aujourd’hui, ce père de deux enfants prépare un carnet de voyage sur Tombouctou. Et ne cache pas qu’il souhaite retourner prochainement au Cameroun. « Il y a tellement de choses à faire là-bas », indique-t-il. Comme former des illustrateurs par exemple… « Il y a encore peu de livres pour enfants publiés au Cameroun, la plupart viennent d’Occident. Récemment, une maison d’édition de livres jeunesse a été créée par des jeunes… que j’ai formés. » Le talent de Christian Epanya ne sera pas de trop.

Commander le livre

La prochaine exposition de Christian Epanya aura lieu le 3 novembre 2005 à la Galerie L’Antilope à Lyon, 30, rue du Plat – 69002 Lyon – 04 78 42 50 61