
Le slogan « France dégage » a, à un moment, touché une partie de la jeunesse sénégalaise qui voulait tourner la page d’un passé colonial. Cependant, quand Bassirou Diomaye Faye a pris ses fonctions, il a décidé d’adopter une méthode plus réfléchie : il est pour la souveraineté, mais sans faire de changements brusques. La véritable souveraineté n’est pas un bond dans l’inconnu ; c’est un processus qui se bâtit lentement et qui peut se faire tout en continuant à coopérer avec d’autres pays, même avec la France.
Le président du Sénégal fait la distinction entre un slogan vide et une stratégie claire. Alors que certains panafricanistes désirent couper tous les liens avec la France, le président Diomaye choisit une autre option : clarifier les relations, corriger les inégalités, mais garder le dialogue ouvert.
Lorsqu’il s’est rendu à l’Élysée pour voir le président Emmanuel Macron, Bassirou Diomaye Faye n’a pas sacrifié la souveraineté du Sénégal. Au contraire, il a posé les bases d’un nouveau type de relation : plus égalitaire, sans le côté paternaliste, et axée sur des partenariats profitables aux deux pays. Le message est clair : le Sénégal peut défendre ses intérêts sans être hostile.
En réalité, le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye comprend que l’indépendance ne se bâtit pas dans la rue, mais avec des chiffres et des réformes. Les grands projets économiques du pays, comme l’exploitation du gaz et du pétrole, l’industrialisation, la réforme fiscale et la maîtrise du franc CFA, ont besoin d’argent, de compétences et de partenariats solides. En effet, couper brusquement les liens avec la France affaiblirait ces projets importants, effraierait les investisseurs et diminuerait le statut du Sénégal en tant que centre économique régional. En invitant les entrepreneurs français à revenir lors de la Rencontre des entrepreneurs de France, le président Faye a montré qu’il compte sur la confiance de ses anciens partenaires tout en se donnant la possibilité d’explorer de nouvelles opportunités. Cette approche réfléchie de la souveraineté distingue le Sénégal de ses voisins.
Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont choisi de confronter et de s’isoler diplomatiquement. En revanche, le Sénégal opte pour une stratégie d’équilibre : il souhaite être autonome politiquement tout en maintenant ses alliances.
Le président Diomaye envoie donc un message fort : le Sénégal ne se lancera pas dans des aventures risquées. La souveraineté qu’il prône n’est pas un rejet, mais une demande de respect. Cela nécessite une bonne gouvernance, une diplomatie active et une économie solide.
En résumé, le souverainisme au Sénégal n’est pas une forme de repli ou de rejet. C’est la volonté de commencer une nouvelle histoire dans ses relations avec la France et le reste du monde : une relation plus juste, plus claire, qui correspond mieux aux souhaits d’un pays désireux de faire les choses par lui-même.
Le président Diomaye Faye a compris que l’Histoire ne progresse pas simplement avec des cris de rage, mais avec des décisions réfléchies. Le Sénégal ne cherche pas à rejeter, il cherche à redéfinir. Et c’est dans cette nuance que se joue l’avenir.
En définitive, la décision du Sénégal pourrait servir d’exemple dans une région où les pays sont divisés entre grands changements soudains, anciennes dépendances et nouvelles formes de dépendance. Pendant que certains endroits du Sahel se retrouvent dans une lutte de pouvoir avec Paris, le Sénégal prouve qu’il est possible de maintenir son indépendance sans détruire les relations. Cette attitude, si elle se confirme, pourrait inspirer d’autres pays africains : un souverainisme réfléchi, positif et stratégique, qui assume son autonomie tout en établissant des relations équilibrées. En d’autres termes, c’est la voie d’un panafricanisme pratique, tourné vers l’avenir, loin des discours mais proche de la réalité.