Le Réunionnais Jacques de Chateauvieux en pleine tempête

Alors que les résultats de la société Bourbon, spécialisée dans les services maritimes, ont été publiés la semaine dernière, les interrogations et les doutes s’accumulent sur Jaccar, la société holding de l’homme d’affaires réunionnais, Jacques de Chateauvieux.

Avis de tempête sur les activités du groupe dirigé par Jacques de Chateauvieux? Experts et analystes, déjà inquiets, s’interrogent encore plus, depuis la publication des derniers comptes semestriels de Bourbon, intervenue jeudi 10 septembre. La perte nette du groupe de services maritimes s’est élevée, au titre des six premiers mois de 2015, à -19,2 millions d’euros, contre -4,8 millions d’euros au premier semestre 2014.

Mais au delà des effets de conjoncture, ce sont les perspectives du groupe, très impliqué dans le secteur aujourd’hui malmené de l’offshore pétrolier, qui ne cessent d’inquiéter les marchés. De l’aveu même de ses dirigeants, la chute du prix du pétrole et l’incertitude d’un redressement des prix continueront à affecter le développement de nouveaux champs en offshore profond, de même que le niveau d’activités sur les champs continentaux, impactant ainsi directement le chiffre d’affaires qui s’est élevé à 1,385 milliard d’euros durant l’exercice 2014.

L’ensemble de ces inquiétudes trouvent leur traduction dans le cours de bourse, en chute libre depuis un an. La valeur de l’action, qui s’est hissée à 22 euros en septembre 2014, a, en l’espace de douze mois, été divisée par deux. Le lendemain de l’annonce de ses résultats trimestriels, l’action Bourbon perdait près de 2,89 %. Elle évoluait lundi matin encore en deçà du seuil des 11 euros. Soit un niveau très éloigné des 24 euros par action proposés lors de l’OPA lancée par Jaccar, le holding de tête, en mai 2014, afin d’obtenir une participation majoritaire de 50,1 % dans le capital de Bourbon.

Or, précisément, Jaccar comptait sur les revenus dégagés par Bourbon pour réduire son lourd endettement, la société ayant beaucoup emprunté pour réaliser son OPA. Manifestement, ce levier, aujourd’hui, ne peut plus être actionné. Dans le même temps, les autres sociétés du groupe ne peuvent prendre le relais pour réduire le fardeau de la dette. Sapmer (une société de pêche) fait face à ses propres difficultés, de même que Sinopacific (Jaccar souhaite depuis plusieurs mois céder la participation de 25 % qu’il détient dans le groupe de Simon Liang).

Nombreux sont donc ceux qui s’interrogent sur l’attitude qu’observeront les banques, en particulier Société Générale et BNP Paribas, qui ont soutenu Jacques de Chateauvieux lors de son OPA sur Bourbon mi-2014. Une inquiétude supplémentaire sur le groupe de celui qui fut, il y a encore quelques années, considéré comme l’une des stars montantes de l’establishment réunionnais (et français) des affaires.