Le renouveau de la filière cuir au Niger

Moderniser l’ensemble des métiers du cuir au Niger, tel est le pari de l’AFOP. Cette Association de Formation professionnelle est le fruit d’une collaboration entre les gouvernements français et nigérien. Rencontré au Salon international de l’artisanat de Ouagadougou, un expert en maroquinerie, s’explique.

 » Il faut arriver à produire des cuirs du Niger d’une grande qualité, prouver à l’extérieur que l’on en est capables. Il faut les commercialiser en leur donnant un cachet nigérien, une sorte de labellisation, un savoir faire de belles finitions. Il faut que tout soit impeccable.  » Claude Brilland, un ancien employé chez Hermès devenu enseignant, est passionné par sa nouvelle mission : former les meilleurs maroquiniers du Niger. L’élite du pays dans ce domaine, afin que l’artisanat nigérien prenne sa place dans le commerce international. Actuellement, les sacs, ceintures, meubles et objets de marqueterie ne sont guère vendus à l’étranger, sauf à quelques touristes. Ramenés à Paris, les cuirs se détendent ou cartonnent ou bien dégage une tenace odeur désagréable.

Techniques de tannage archaïques

 » Nous partons de l’élevage en passant par les abattoirs pour améliorer la qualité du cuir qui n’est pas pour le moment du meilleur choix pour la tannerie. Pour éviter les défauts, nous discutons des techniques de dépeçage, afin de mieux respecter la peau qui deviendra ensuite du cuir « . Selon Claude Brilland, un animal stressé donnera un mauvais cuir car la peau se rétracte, elle est plus dense, et le tannage est plus difficile.

 » Les techniques de tannage utilisées restent archaïques, les artisans manquent d’équipements et de moyens. Là où il faudrait utiliser 10 grammes de produit, par économie, ils n’en mettent que 5, notamment pour les produits de conservation. Ils ne respectent pas les quantités nécessaires pour nourrir le cuir qui finit par perdre sa souplesse « .

Bientôt un centre du cuir à Niamey

Au 8ème Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), Claude Brilland est fier de présenter les premiers sacs réalisés avec les meilleures peaux récemment obtenues au Niger. Il s’est adjoint les compétences des bijoutiers touarègues qui ont fabriqué des accessoires en os de chameau, des fermoirs en argent avec la croix d’Agadès, des serrures en nickel pour des ceintures.

Le projet AFOP dispose d’un budget de 550 millions de FCFA, soit près de 840 000 euros. Claude Brilland prépare l’ouverture du Centre du cuir à Niamey.  » Notre travail est de trouver parmi les meilleurs à Niamey ceux qui deviendront les futurs enseignants de ce centre. Ma mission est d’assurer une continuité du projet après mon départ.  » La pose de la première pierre est prévue en décembre 2002.

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