Le procès s’est renversé

Les firmes pharmaceutiques ont retiré leur plainte. Le gouvernement sud-africain peut enfin importer en toute légalité des médicaments génériques contre le sida. Le bon sens, la vie l’ont emporté sur le profit. La raison a été plus forte que le billet vert. L’Afrique du Sud compte plus de cinq millions de personnes affectées par le sida. Pour se protéger, soigner ses malades, elle a décidé de passer outre les brevets de propriété intellectuelle pour importer et produire des versions à bas prix de médicaments de marque. Il a fallu l’intervention personnelle de Nelson Mandela, la détermination de Thabo Mbeki et la mobilisation du monde entier pour que les firmes pharmaceutiques retirent leur plainte. Mieux, acculées, elles s’engagent à payer tous les frais de justice du gouvernement sud-africain. Mea culpa. Elles paient de leur poche l’argent engagé dans ce procès de la honte. Car vouloir gagner de l’argent sur le dos des millions d’Africains qui meurent de  » la maladie courte  » est indécent, immoral. Ce procès n’aurait jamais dû avoir lieu. Au moment où en Occident, la maladie recule grâce à la trithérapie et aux campagnes de prévention, le sida menace des pays entiers en Afrique. Le Congo et le Zimbabwe sont sous la menace d’extermination. Les élèves ivoiriens perdent cinq enseignants toutes les semaines. Ce retrait est une grande victoire pour l’Afrique et l’humanité. Il prouve aussi l’ampleur de la marge bénéficiaire des firmes pharmaceutiques. Gigantesque. Merci à l’Afrique du Sud qui a montré la voie. Les  » petits peuples  » peuvent, doivent réagir face à l’aveuglement des intérêts des grands groupes !