Le mécontentement social s’enracine en Afrique du Sud

Les grèves et les manifestations se multiplient en Afrique du Sud. Après la population des townships, c’est au tour des employés municipaux de manifester, mardi et pour la deuxième journée consécutive, leur mécontentement. Lundi, ils étaient déjà descendus dans les principales villes du pays où plusieurs incidents avaient été rapportés.

Les employés municipaux ne décolèrent pas. Depuis lundi, des milliers d’entre eux manifestent dans les principales villes d’Afrique du Sud. Ils prévoient de continuer leur mouvement de grève au moins jusqu’à mercredi. Leurs revendications : une augmentation salariale de 15 %, une revalorisation de leur revenu de base à 5000 rands (soit 497 euros) et une hausse de 70 % des allocations logement. « Demain (mercredi), nous allons organiser une réunion pour décider si nous acceptons ou rejetons » l’offre de notre employeur qui nous propose une hausse des salaires de 13 %, a déclaré, mardi, à l’AFP, le secrétaire du Samwu (Syndicat sud-africain des employés municipaux). Ce mouvement de grève, lancé par des syndicats qui représentent 150 000 employés municipaux des services de la santé, de l’eau, de l’électricité, des travaux publics, de la police et des transports publics ont négocié comme tous les ans, pendant l’hiver austral, leurs revenus. Mais, en raison de la récession qui frappe le pays, cette période marquée habituellement par des grèves a été plus agitée que les autres années.

De vives protestations

Les manifestations ont été ponctuées par quelques incidents. En marge de la marche de protestation de mardi, dans un quartier de Johannesburg, la police a dispersé avec des balles en caoutchouc des manifestants qui protestaient contre les services publics déficients de la municipalité. La veille, à Plettenberg Bay (sud-ouest), douze personnes ont été légèrement blessées et deux autres arrêtées pour violence, selon l’agence sud-africaine Sapa. A Polokwane (nord-est), la police a procédé également à 25 interpellations pour détérioration de bâtiments et violence. Ces dérapages ont été dénoncés par le parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), affirmant qu’ « aucune forme de désordre ne pourra résoudre les disputes salariales ». La semaine dernière, suite à de violentes manifestations dans les townships, le gouvernement sud-africain avait annoncé l’envoi d’émissaires dans les plus importantes municipalités du pays pour étudier leurs réclamations, à savoir un meilleur accès aux services de base.

Jacob Zuma sur la sellette

Depuis quelques mois, la population manifeste son mécontentement face à la politique du président Jacob Zuma, élu il y a trois mois, notamment sur son programme de lutte contre la pauvreté. Parmi les principaux griefs évoqués par les Sud-africains: les 500 000 emplois promis par le chef de l’Etat qui tardent à se matérialiser alors que le chômage s’établit à 23, 5% , et l’augmentation de l’électricité à environ 30% en juillet.

Pour l’heure, Jacob Zuma appelle au dialogue et à la fin du désordre. Le président espère calmer les tensions avant le début de la coupe du Monde prévu en Afrique du Sud en 2010. Mais dans un pays où environ 43% des habitants vit avec moins de dollars par jour, les esprits semblent difficiles à raisonner.

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