Le Marocain face au miroir

L’homme marocain a fermement décidé de s’intéresser à lui et de prendre soin de sa personne.  » Masculin « , le second magazine chérifien à s’adresser à la gent masculine s’apprête à doubler ses tirages. Un vrai succès.

C’est confirmé. L’homme marocain ose enfin se regarder dans la glace. Et assume son narcissisme. Pour preuve, le succès des magazines masculins qui ont fleuri au royaume chérifien. Après le lancement en août dernier de Version Homme, c’est au tour du mensuel Masculin de se faire une place dans les kiosques. Aujourd’hui, le succès est bien au rendez-vous et les tirages ne cessent d’augmenter.

Un vrai marché

 » Nous nous apprêtons à doubler notre tirage. Nous allons passer de 10 000 à 20 000 exemplaires entre le premier numéro, celui de septembre, et le quatrième, celui de décembre. Il n’y a rien à dire, ça se passe vraiment très bien « , s’enthousiasme Abdallah Slaoui, le directeur de publication de Masculin. Ce dernier affirme d’ailleurs que le marché est assez large pour deux magazines.

Le journal tient cependant à se différencier de son concurrent Version Homme.  » Nous accordons beaucoup d’importance au fond, même si notre présentation est légère et que les photos tiennent une grande place « , insiste Abdallah Slaoui. Qui précise qu’il faut tout de même que le magazine reste  » agréable, divertissant et amusant « . Masculin a une vraie particularité. Chaque numéro est vendu avec un cédérom, sorte de complément audio et visuel de la version papier, sur lequel sont disponibles des interviews filmées ou des dossiers sonores. Une première au Maroc.

Les femmes parlent des hommes

 » Tout les articles que nous proposons dans Masculin, qu’il s’agisse de mode, de produits de beauté ou autres sont disponibles au Maroc. C’est très important. Nous sommes une parution marocaine « , tient à rappeler Abdallah Slaoui. Le journal, vendu 20 dirhams (2 euros), s’adresse de ce fait à une tranche de la population bien définie, les cadres moyens et supérieurs.

Le magazine est généraliste. Au programme, des articles sur divers sujets comme la voiture, la mode ou encore les cosmétiques, domaine que découvre l’homme marocain. Sans oublier les interviews et les enquêtes. Le premier numéro, paru en pleine période d’élections législatives au royaume chérifien, présentait des hommes politiques dans leur sphère privée. Celui de novembre traite de la question de la circoncision pour ceux qui se convertissent à l’Islam. Mais, Abdallah Slaoui reconnaît volontiers que même si les hommes acceptent aujourd’hui de parler plus facilement d’eux, ils demeurent encore un peu complexés.

Les Marocains s’émancipent. Ils se sont pourtant longtemps persuadés que la mode, la beauté, les relations hommes-femmes étaient des préoccupations futiles, exclusivement féminines, qui ne les intéressaient pas. Or les voilà qui se ruent, non pas sur un, mais sur deux magazines masculins qui, mis à part les articles sports, ressemblent fort aux féminins. Ironie de l’histoire, la rédaction de Masculin est essentiellement féminine. Comme quoi, les hommes, ce sont encore les femmes qui en parlent le mieux.

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