Le Maroc comme exemple africain face aux crises politiques et économiques actuelles

Tanger Med (illustration)
Tanger Med (illustration)

La presse et les réseaux sociaux mettent en relief, chaque jour, l’insatisfaction d’une large partie de la société marocaine. Ces gens refusent les récentes hausses des prix des produits nécessaires à la dignité de leurs vies et déclarent que leurs salaires ne sont plus suffisants.

Les causes de ce problème sont évidentes car tout le monde est conscient des répercussions économiques de la guerre menée par la Russie et de la récente colère du dragon chinois concernant la problématique de Taïwan. Ces crises mondiales qui persistent ont causé une flambée des prix des hydrocarbures à l’échelle mondiale ce qui a influencé les coûts de production et de transport de tous les produits de notre consommation. En plus, l’Inde a déclaré que l’exportation de son blé s’est arrêtée par manque de production et le monde doute encore de la capacité de l’Ukraine à exporter tout son blé à destination des pays qui en ont besoin, notamment le Maroc qui est parmi les pays les plus frappés par la sécheresse.

En effet, c’est une calamité qui frappe le monde entier et les choses auraient été pires si le Maroc ne faisait pas partie du mouvement des pays non-alignés comme la majorité des pays africains. Le peuple marocain et sa commanderie sage en sont conscients et savent que le Maroc n’a rien à gagner de ces conflits entre des puissances qui n’ont jamais démontré d’appui suffisamment absolu et transparent dans le cadre des Nations Unies concernant la souveraineté sur le Sahara. Tous les Marocains sont conscients que ces grandes puissances ont préféré voir le Maroc en querelle continue dans sa région au lieu d’utiliser le puissant droit de Veto du Conseil de sécurité des Nations Unies pour abolir définitivement les problèmes politiques de leurs amis prétendus au Maghreb. Les autres peuples africains savent aussi que leurs compatriotes démunis meurent chaque jour des guerres civiles et de la famine sans l’aide véritable et effective des grandes puissances mondiales. Le Maroc est resté alors jusqu’à présent un pays méfiant, indépendant et souverain de ses décisions politiques et économiques tout en étant capable d’engager effectivement ses troupes avec l’ONU en Afrique dans de nombreuses opérations impartiales de maintien de la paix. Cependant, tout le monde parle aujourd’hui de la collaboration militaire entre le Maroc et les Etats-Unis en comparaison avec la collaboration militaire grandissante de l’Algérie avec la Russie qui commence à se positionner aujourd’hui même au Mali. L’Afrique du Sud ne cache pas aussi sa grande collaboration économique avec les Russes dans le cadre du BRICS et cela, malgré les punitions infligées par des puissances mondiales sur la réincarnation de l’URSS. Est-ce que cela marque alors la fin proche de l’organisation des non-alignés ?

Le citoyen africain est toujours vigilant face aux intentions malicieuses des autres pays réputés “plus civilisés” qui semblent vouloir se partager encore une fois les régions pauvres du monde. Les Marocains et les Africains en général font face à une séduction médiatique malicieuse qui risque de transformer leurs pays en des marécages annexes aux autres marécages causés par l’égoïsme des puissances mondiales. Est-ce que la France, qui a osé se retirer du Nato est capable aujourd’hui de jouer un nouveau rôle acceptable qui respecte la souveraineté de l’Afrique tout en palliant les faiblesses des non-alignés dont la majorité peine encore à se ressaisir des périodes de protectorat humiliantes ?

Puisque le Maroc fait tout pour imposer sa souveraineté à toutes les échelles et sa forte personnalité même du point de vue économique, la question légitime que tout Marocain se pose est : pourquoi ne pas augmenter les salaires ? Tout citoyen simple désire que plus de billets d’argent soient imprimés dans son pays pour soulager les poches de ceux qui ont des difficultés à survivre à ce crises. Eh bien, la réponse normale à cette question et que tout le monde hait est : “les craintes d’une grande inflation”. En effet, produire plus de salaires grâce à plus d’argent imprimé aura seulement un effet éphémère sur le pouvoir d’achat du citoyen puisque les produits à acheter augmenteront systématiquement de prix après la hausse des salaires. Le résultat sera alors un Dirham marocain qui vaut moins à l’échelle nationale et aussi à l’échelle mondiale. Le Maroc risquera alors de souffrir de plus de problèmes économiques et surtout d’une éventuelle incapacité de payer ses dettes extérieures.

En conséquence, cela risque de ruiner davantage les citoyens marocains puisque l’Etat sera obligé dans ce cas de prendre plus de décisions économiques sévères qui toucheront directement le pouvoir d’achat des Marocains. Sans la sagesse et le rationalisme de “Bank Al-Maghrib”, le Maroc pourrait alors risquer l’effondrement total de son économie comme c’était le cas au Zimbabwe avec l’hyperinflation de 2008 et la hausse des prix de 100% par jour. La crise du Zimbabwe a prouvé à toute l’Afrique que les banques mondiales ont rarement pitié des peuples africains pauvres.

Les citoyens marocains et africains en général doivent alors innover des solutions ingénieuses pour valoriser leurs ressources disponibles et créer de nouvelles richesses “effectives” au lieu de reprocher à leurs gouvernements de ne pas injecter des millions de dollars “fictifs” dans les économies fragiles de leurs pays. Toute la presse parle aujourd’hui d’une inflation de l’économie américaine jamais vue depuis quatre décennies. Les bourses européennes sont également en chute continue puisqu’elles sont étroitement dépendantes de la bourse américaine et puisque l’inflation grimpe en flèche, même en Europe.

Malheureusement, l’émergence des pays africains n’a pas encore abouti puisque le citoyen africain souffre encore d’un niveau de vie insuffisant. Dans cette crise mondiale, le citoyen doit alors démontrer plus de fraternité envers ses compatriotes en difficulté et faire preuve de plus d’endurance en adaptant ses habitudes de consommation aux circonstances mondiales actuelles.

Par Akram Louiz: Auteur, poète, Lieutenant de première classe de la marine marchande