Le Maroc à l’heure des élections

Les élections législatives anticipées au Maroc auront lieu le 25 novembre. Ce sont les premières élections organisées depuis l’adoption de la nouvelle constitution votée le 1 juillet 2011 par référendum.

Les partis politiques marocains s’activent plus tôt que prévu à la préparation des élections législatives. Initialement prévues en automne 2012, elles ont été avancées au 25 novembre 2011. La campagne électorale a débuté, quant à elle, ce samedi 12 novembre à la première heure et se poursuivra jusqu’au 24 novembre à minuit. Pour l’heure, quelques 14 millions de personnes sont inscrites pour aller voter. D’après la presse locale, tout devrait se jouer entre quatre partis : le Parti Authenticité et Modernité (PAM), le Rassemblement National des Indépendants (RNI), le Parti de l’Istiqlal (PI) et le Parti Justice et Développement (PJD). Lors des dernières élections en 2007, le PI avait remporté 37% du scrutin suivi du PJD.

Les élections auront lieu le 25 novembre car l’adoption d’une nouvelle constitution, plébiscitée à 98% ce fameux 1er juillet 2011 lors d’un référendum populaire, a chamboulé le calendrier électoral. Un référendum jugé « illégal » par les membres du Mouvement du 20 février. Ils accusent les autorités d’avoir « profité » des conditions sociales du peuple pour le forcer à voter « oui ». Anticiper les élections législatives permet aussi et surtout d’éviter les risques d’une contagion d’un soulèvement.

Désamorcer les risques d’une protestation générale

Le Maroc n’a pas été épargné par la vague de protestation qui a touché le monde arabe. Certes, les conséquences de ce que l’on appelle communément « printemps arabe » n’ont pas été les mêmes que celles connues par le pays du Jasmin ou celui du Nil. Mais des milliers de Marocains étaient descendus dans les rues des grandes villes pour réclamer davantage de démocratie et de justice. C’était le 20 février 2011. Depuis, un enchaînement de manifestations a vu le jour dans l’ensemble du royaume sous l’égide du Mouvement du 20 février. Après être resté quelques temps impassible, le souverain, Mohamed VI, a fini par sortir de l’ombre pour proposer de nouvelles réformes. Ainsi, le vendredi 17 juin, Mohamed VI a présenté, lors d’une adresse à la nation, une réforme constitutionnelle très attendue. Bien que celle-ci ait renforcé les pouvoirs du premier ministre ou encore officialisée la langue Amazighe, ce projet de réforme a largement été pointé du doigt par le Mouvement du 20 février. Il dénonce, encore aujourd’hui, une machination des pouvoirs publics et une nouvelle constitution « sur mesure » jugée de « faux semblant ».

De la poudre aux yeux pour les uns. Une avancée historique pour les autres. Ce qui dérange le plus dans cette constitution, c’est un certain article 19, par exemple, qui est resté inchangé et qui confit les pleins pouvoirs au roi, « Amir el Mouminine » (le commandeur des croyants). Les militants du Mouvement du 20 février continuent de manifester pacifiquement tous les week-ends en faveur d’une plus grande justice sociale et d’un véritable changement démocratique.

A vos marques ! Prêt ? Votez !

L’Association Marocaine des Droits Humains à Rabat dénonce, selon RFI, « une vaste mascarade ». Quoiqu’il en soit, les élections auront bel et bien lieu mardi 29 novembre. Et pour inciter les Marocains à aller voter, la chaîne de radio Hit Radio a pris les devants. Alors que les partis politiques n’ont pas appelé de manière significative les citoyens à se rendre aux urnes, Hit Radio, dirigé par Younès Boumehdi, a diffusé sur Youtube et sur le site Internet Génération Libre une vidéo sur laquelle des artistes et acteurs associatifs marocains appellent leurs compatriotes à voter le 25 novembre.

« ALASH LE 25 NOVEMBRE » (Pourquoi le 25 novembre)

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