Le Mali veut doubler sa production cotonnière

Reconquérir la place de premier producteur de coton en Afrique subsaharienne, telle est l’ambition du Mali. La Compagnie malienne pour le développement textile (CMDT) envisage une augmentation progressive de la production pour atteindre 500 000 tonnes de coton produites dès la campagne agricole 2012-2013 contre 445 143 tonnes pour la campagne précédente.

(De notre correspondant)

Malgré la crise politico-militaire qui secoue le pays depuis trois mois, la Compagnie malienne pour le développement textile (CMDT) veut ramener le Mali au sommet des producteurs subsahariens de l’or blanc. En effet, lors de la campagne 2003-2004, le Mali avait réalisé une production record de coton de 600 000 tonnes. Pour ce faire, la société en charge du développement du coton va acheter le kilogramme de coton de premier choix à 255 FCFA (environs 40 centimes d’euros) au lieu de 185 FCFA (28 centimes d’euros). Les prix des cotons de deuxième et de troisième choix vont également grimper pour atteindre, respectivement, 230 FCFA (35 centimes d’euros) et 210 FCFA (32 centimes d’euros) en échange de la même quantité.

Motiver les planteurs

La CMDT a pris des mesures incitatives pour relancer la culture du coton dans le pays. Il s’agit notamment de la subvention accordée par l’Etat aux producteurs, malgré les difficultés économiques. Sans oublier le paiement à temps de toutes les dettes de l’Etat, soit environ 115 milliards de FCFA (180 millions d’euros). Les crédits seront accordés en outre à titre individuel et chaque paysan devra rembourser juste ce qu’il doit. A ces mesures s’ajoute la fourniture à temps des semences, les engrais et intrants aux producteurs pour qu’ils puissent travailler suivant le planning de campagne des techniciens agricoles.

Pour le tout nouveau patron de la CMDT, Salif Abdoulaye Macoro, toutes les conditions sont aujourd’hui réunies pour permettre au Mali de retrouver sa place de leader d’Afrique au Sud du Sahara avec ses 600 000 tonnes de coton graine produites en 2003-2004. Une filière qui est l’un des poumons de l’économie malienne. Elle contribue non seulement à lutter contre la pauvreté dans le milieu rural, mais elle a un impact sur d’autres secteurs comme l’industrie, les transports, l’élevage.

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