Le Mali en fête


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Des coureurs cyclistes du Tour du Faso
Des coureurs cyclistes du Tour du Faso

Samedi, le Tour du Faso a vécu une journée historique. Pour la première fois, le parcours de la plus grande course à étapes d’Afrique est sorti des frontières de son pays. Une véritable révolution culturelle. Désormais, suivant l’exemple de son grand frère le Tour de France, qui a pris l’habitude des incursions en pays amis, le Tour du Faso a choisi le Mali pour sa première visite extérieure. Et Sikasso comme première ville-étape.

Il s’agissait d’un défi de taille pour les coureurs maliens, fiers comme des coqs à l’idée d’accueillir le Tour. Certes, la lanterne rouge du classement général est bien Moussa Diallo, qui comptait à Sikasso près de deux heures de retard sur A.Wahab Sawadogo, leader du classement général. Mais en entrant sur leur territoire, il fallait impérativement porter haut les couleurs du pays. Le champion national Siakab Diallo étant diminué par une crise de paludisme, la responsabilité pesait sur les épaules du jeune Adama Bagayoko.mali1.jpg

Et pourquoi pas devenir, justement aujourd’hui, le premier malien à remporter une étape du Tour du Faso ? C’est à coup sûr l’idée fixe qui a habité Bagayoko durant toute l’étape, bien qu’il n’ait pas réussi à accrocher la bonne échappée. Malgré cela, il s’est démené comme un diable pour sortir du peloton dans le dernier tour de circuit et aller chercher une honorable 11ème place. De quoi le remplir d’honneurs dans son pays pour l’année. Ses coéquipiers n’ont pas tous eu la chance de briller devant leur public. Par exemple, Fousseyni Di Ourte a ressenti tout le poids du ciel lui tomber sur la tête en crevant sa roue arrière dès les premiers mètres parcourus dans Sikasso.

Une expérience réussie

Si aucun Malien n’a pu éprouver la fierté de remporter un maillot, l’ensemble des suiveurs se sont félicités de cette première expérience. Les nombreuses écharpes mises en jeu par les partenaires du Tour à chaque étape ont d’ailleurs symboliquement récompensé la volonté des coureurs maliens. En ce qui concerne les autorités, le ministre des sports, déjà ravi, s’est empressé de renouveler la candidature malienne pour accueillir le Tour l’an prochain. Au vu de la réussite de cette journée, les prétendants des autres pays de la sous-région ne manqueront pas au balcon de Jean-Claude Hérault.

arton7825.jpgSituée à 30 kilomètres de la frontière, Sikasso a semblé attendre le Tour toute sa vie, si l’on en juge à l’enthousiasme qu’ont manifesté ses habitants durant les trois tours de circuit effectués en centre-ville. Le Ministre des sports Burkinabè Tondoun Sessouma, qui voyageait pour l’occasion dans la voiture de Jean-Claude Hérault, ne s’y est d’ailleurs pas trompé : « On se croirait à l’Alpe-d’Huez ! », s’exclama-t-il à l’entrée dans Sikasso.

C’est le champion du Burkina, A.Wahab Sawadogo, membre d’une échappée décisive de neuf coureurs, qui s’empare du maillot jaune alors que la victoire d’étape est revenue au français Denis Flahaut.

Lors de la quatrième étape, pour son retour au Burkina-Faso, le leader du classement général A.Wahab Sawadogo s’est fait déposséder du maillot jaune par le Belge Karel Pattyn, qui le talonnait de quatre secondes. Son équipe Vaso-Avia-Modemakers a d’ailleurs fait coup double puisque Gunter Cuylits remporte l’étape après être sorti du peloton au kilomètre 29. Toutefois, les Burkinabè n’ont pas dit leur dernier mot, Tidiane Ouedraogo occupant la deuxième place du général à seulement une seconde de Pattyn. D’ailleurs, parmi les six premiers coureurs, qui se tiennent 1’03 », les Européens et les Burkinabè sont à égalité parfaite, 3-3. Avec trois leaders différents en quatre jours, le Tour du Faso a rarement semblé aussi ouvert.

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