Le Haut-Commissaire aux Droits de l’Homme a séjourné au Cameroun du 1er au 4 mai

Sur invitation du président de la République Paul Biya, Michelle Bachelet a séjourné au Cameroun du 1er au 4 mai 2019.

Elle est venue évaluer la situation des droits de l’homme dans un contexte marqué par la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, la menace terroriste dans l’Extrême-Nord et un climat sociopolitique globalement tendu notamment suite à l’incarcération de l’opposant Maurice Kamto et de ses partisans.

Les forces de défense et de sécurité camerounaises ont été pointées du doigt par plusieurs organisations pour violations supposées des droits de l’homme, rappelle une source, notant que ces présumés abus avaient également été dénoncés par la Haut Commissaire aux Droits de l’Homme dans une déclaration faite le 6 mars 2019.

Michelle Bachelet a achevé sa visite en terre camerounaise le 4 mai 2019. Arrivée à Yaoundé le 1er mai, le Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’Organisation des Nations Unies a échangé avec le Président de la République, les membres du gouvernement, les parlementaires, les leaders de l’opposition, les acteurs de la société civile et les autorités religieuses.

Des échanges qui ont permis à l’ancienne Présidente du Chili de se faire une idée plus précise de la situation des droits de l’homme au Cameroun dans un contexte marqué par la crise  dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et des tensions politiques depuis la dernière élection présidentielle.

Préconisant la mise en place rapide de mesures pour désamorcer la crise croissante dans le pays, Michelle Bachelet s’est dite « alarmée par le discours de haine notamment de la part des responsables politiques ainsi que par les graves restrictions de l’espace politique qui ont entraîné des poursuites devant un tribunal militaire à l’encontre de plusieurs membres de partis d’opposition ».

« C’est la République du Cameroun, représentée par son gouvernement, qui est membre des Nations Unies. Aucun haut fonctionnaire de l’ONU ne peut venir au Cameroun sauf sur invitation expresse du gouvernement camerounais. Nul ne peut être reçu en audience par le chef de l’Etat, sans y être expressément invité par le gouvernement camerounais. Il est donc ridicule de suggérer que des ONG ou des partis politiques d’opposition invitent l’ONU au Cameroun. Mme Michelle Bachelet a peut-être demandé une invitation au Cameroun, si oui, cette demande a été acceptée et elle a été invitée par le Président de la République du Cameroun », a déclaré Edith Kahbang Walla.

« Les rencontres de Mme Bachelet avec les partis d’opposition et la société civile sont une pratique courante aux Nations Unies. Dans ses différents accords dont le Cameroun est signataire, il est reconnu que ces groupes constituent des composantes clés de la nation et disposent d’un certain nombre de libertés politiques. Lorsque le gouvernement camerounais a invité Mme Bachelet au Cameroun, il savait qu’elle allait rencontrer ces groupes. Nous avons simplement profité de cet espace pour communiquer avec fermeté et honnêteté notre évaluation de la situation dans notre pays et demander à l’ONU d’utiliser les instruments à sa disposition pour faire pression sur notre gouvernement afin qu’il agisse dans l’intérêt du peuple camerounais. Nous demandons que l’ONU utilise ses instruments de diplomatie et de pression, y compris des sanctions individuelles et ciblées pour mettre fin aux violations des droits de l’homme et à la violence étatique au Cameroun. Aucun autre type d’intervention n’a été demandé », a-t-elle ajouté.