Le coton a trouvé son camion

Le gouvernement centrafricain a lancé un appel aux transporteurs pour qu’ils participent à la récolte du coton. Le Groupement des transporteurs a répondu présent à l’appel et a passé un contrat avec la société cotonnière. La récolte est sauvée, se réjouit Salomon Namkosserena, ministre de la Promotion du monde rural. Interview.

A la veille de la saison des pluies, le gouvernement centrafricain a tiré, la semaine dernière, la sonnette d’alarme. Si le coton n’est pas transporté rapidement vers les usines, la récolte annuelle risque de pourrir dans les villages. Le Groupement des transporteurs centrafricains s’est engagé, à la grande joie du ministre de la Promotion du monde rural, Salomon Namkosserena, à transporter toute la récolte, jusqu’au moindre grain. Soit 35 000 tonnes.

Afrik : Pourquoi avez-vous lancé un appel pressant aux transporteurs ?

Salomon Namkosserena : Il y a urgence car nous entrons dans la saison des pluies. La société cotonnière centrafricaine (Sococa) est en difficulté… Depuis 3 ans, la Sococa traverse une période de crise qui est due à la baisse continue du cours du coton sur la marché international et au retrait du partenaire français, la Compagnie française de développement textile (CFDT) en 1999. L’Etat centrafricain s’est retrouvé seul devant les problèmes. C’est difficile de trouver des partenaires.

Afrik : Le transport est donc le principal problème… ?

Salomon Namkosserena : Après le départ du partenaire français, la Sococa s’est retrouvée avec un parc automobile obsolète qui n’a pas été renouvelé par manque de moyens financiers. L’entreprise ne pouvait même pas acheter des pièces détachées. Il fallait parer au plus pressé et emmener les graines de coton des villages jusqu’aux usines.

Afrik : Les transporteurs ont-ils répondu à votre appel ?

Salomon Namkosserena : Oui, le Groupement des transporteurs centrafricains (GTC) a répondu favorablement à notre appel. Les transporteurs ont demandé un partenariat-cadre, un contrat avec l’Etat, et nous y avons répondu favorablement. Ils demandaient des aides financières et une aide pour la maintenance de leurs véhicules.

Afrik : Quel est l’avenir de la Sococa ?

Salomon Namkosserena : La Sococa a fait son temps. Elle devait déposer son bilan à cause de ses arriérés et ses dettes qui dépassent la moitié de son capital. Avec le retrait de la CFDT, la Sococa est appelée à connaître une mutation. Le dernier conseil d’administration a convenu de la liquidation de la Sococa et de la création d’une nouvelle entreprise à sa place.

Afrik : Vous voulez privatiser la Sococa… ?

Salomon Namkosserena : C’est envisagé mais l’Etat compte détenir 51% du capital. Et le reste pour les partenaires extérieurs. Les 51 % de l’Etat seront cédés plus tard au privé centrafricain. Les démarches sont en cours. Nous sommes en train d’étudier les garanties pour aboutir à une bonne privatisation. La Banque mondiale y est impliquée.

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