Bonne récolte du coton béninois

Le Bénin connaîtra cette année une production record du coton. Alors que la récolte n’est pas finie, les autorités enregistrent une augmentation de plus 115 000 tonnes, dépassant toutes les prévisions optimistes.

A la télévision nationale du Bénin, le directeur de la Société nationale pour la promotion agricole Sonapra, Abdoulaye Toko, affiche un sourire satisfait. Le coton connaîtra, cette année, une production record. Soit plus de 415 000 tonnes de coton graines alors que les prévisions officielles ne faisaient état que de 350 000. Un chiffre qui risque de connaître une évolution notable car cette évaluation est provisoire.

 » Toutes les estimations ne sont pas faites « , précise le directeur de la Sonapra. L’agriculture compte pour 38 % environ dans le PIB (produit intérieur brut) et 70 % des actifs béninois travaillent dans le secteur agricole. Le coton représente 80% des recettes à l’exportation et 14% du PIB. Depuis le début des années 90, l’Etat béninois finance à hauteur de 80% l’industrie cotonnière. Avec la chute du cours du coton, les autorités craignaient que leur première rentrée en devises ne se tarisse avec la sécheresse qui compromettait gravement la culture du coton.

Les raisons de la surproduction

Abdoulaye Toko explique les performances réalisées cette année par les  » résultats de plusieurs années de recherche, d’analyse et surtout d’une nouvelle politique de gestion et de commercialisation de cette filière au Bénin « . Pour la campagne 2001-2002, l’Etat a injecté dans la filière plus de 10 milliards de F.CFA (15,3 millions d’euros) mais aussi soutenu les producteurs en relevant le prix d’achat de 15 %.

La grande faiblesse du Bénin demeure son incapacité industrielle à traiter la matière première. Car si le cours du coton graines est très faible, celui du produit transformé est très élevé. Or, en ne développant pas une industrie de transformation, l’Etat se prive de rentes en devises. A cela, vient se greffer le problème de subvention qui concerne tous les pays africains. Quand un paysan américain ou européen reçoit près d’un dollar de subvention par kilo, alors que le cours est de 1,14 euros/kg, le paysan africain se trouve démuni. Donc menacé de laisser ses terres en jachère.

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