Le textile malien file du mauvais coton

La Banque mondiale conseille au Mali de privatiser la Compagnie malienne de développement textile (CMDT). Une crise de taille pour le pays compte tenu de l’importance des enjeux économiques et politiques liés à la firme d’Etat.

Les difficultés actuelles de la Compagnie malienne de développement textile (CMDT) ont conduit la Banque Mondiale à conseiller au gouvernement malien la privatisation de cette entreprise publique. La CMDT est détenue à concurrence de 60% par l’Etat malien. C’est surtout la mauvaise gestion qui serait à l’origine de la situation actuelle de la compagnie.

La CMDT encadre la culture du coton dans le pays. Elle rachète aux paysans la récolte de coton et s’occupe ensuite de son égrenage. Son exportation procure au Mali une grande partie de ses besoins en devises étrangères.

Une entreprise mal gérée

Les problèmes actuels de la firme, sont en partie liés à la baisse de moitié des cours mondiaux du coton. Les pays de la  » Zone Franc  » ont vu, par ailleurs, leur récolte de coton diminuer. La ceinture équatoriale a enregistré, cette saison, un recul de sa production de 1 140 000 tonnes.

L’année dernière encore, l’industrie cotonnière malienne, selon un rapport du département américain pour l’Agriculture (USDA), se portait comme un charme : un coton de bonne qualité et une politique de contrôle des prix dûment menée par l’Etat. La crise conjoncturelle a mis en exergue la situation critique de la CMDT. Une situation qui perdure depuis quelques années, et un sujet sensible pour son homologue français, la compagnie française du développement des fibres textiles(CFDT) dont la participation dans le capital de la CMDT s’élève à 40%. Un plan de restructuration, qui verrait le départ de plusieurs cadres, serait prévu par le gouvernement malien.