Le Congo cherche son président

A dix jours du premier tour des élections présidentielles au Congo, l’ambassadeur congolais en France, Henri Lopes, s’exprime sur le déroulement du processus électoral. Il revient sur le référendum du 20 janvier dernier et insiste sur la totale transparence du prochain scrutin. Interview.

Les Congolais s’apprêtent à prendre le chemin des urnes pour la deuxième fois cette année. Après le référendum du 20 janvier dernier, qui a plébiscité l’adoption d’une nouvelle constitution, ils voteront le 10 mars pour élire leur nouveau président de la république. Le deuxième tour du scrutin, si deuxième tour il y, a se tiendra le 7 avril. Dix candidats sont en lice, dont l’actuel chef de l’Etat Denis Sassou Nguesso. L’ambassadeur du Congo en France, Henri Lopes, revient sur l’absence de Pascal Lissouba et de Bernard Kolela parmi les candidats et explique pourquoi les Congolais de la diaspora ne pourront pas voter.

Afrik : Le Congo a accepté que des observateurs internationaux viennent dans le pays pour les différents scrutins. Etait-ce une nécessité ?

Henri Lopes : C’est un gage de légitimité. Ils garantissent la transparence électorale. Il y avait déjà des observateurs étrangers pour le référendum du 20 janvier. Ils ont rendu un rapport objectif du déroulement du scrutin. Ils ont témoigné de leur satisfaction sur certains points, des insuffisances sur d’autres. Mais en aucun cas, ils n’ont fait état de fraude massive et caractérisée. Pour les présidentielles, l’Union européenne a envoyé 45 observateurs, l’Organisation internationale de la francophonie 15 et les Etats-Unis 30. Ceci dit, n’importe quel journaliste peut se rendre sur place, être accrédité et venir apprécier les conditions de vote.

Afrik : Il y a 10 candidats en lice mais on ne voit pas les noms de l’ancien président Pascal Lissouba et de l’ancien Premier ministre Bernard Kolela, pourquoi ?

Henri Lopes : Ils ont été jugés et condamnés par contumace. S’ils revenaient dans le pays, ils seraient arrêtés et jugés à nouveau. Une personne comme M. Lissouba n’a d’ailleurs jamais émis le désir de rentrer.

Afrik : Une des conditions pour pouvoir être candidat était d’avoir résidé au moins 24 mois au Congo. Ils étaient de fait exclus de la course.

Henri Lopes : Depuis octobre 1999, tous les partis sont autorisés au Congo. Il n’y a aucun homme politique, ni même de journalistes qui soient emprisonnés dans le pays pour leurs idées. On ne peut pas nous taxer d’exclure des personnes du débat démocratique. Il y a des proches de Pascal Lissouba qui vivent tranquillement au Congo. Il y a des personnes de son parti au gouvernement.

Afrik : Pourquoi les Congolais de la diaspora ne peuvent pas voter, même pas par procuration ?

Henri Lopes : Je suis le premier à déplorer une telle situation. Mais tout cela demande une organisation que nous n’avons pas. Une organisation et des moyens. Je vous rappelle que les élections, comme la reconstruction du pays, sont entièrement financées par l’Etat. C’est une charge très lourde. Le gouvernement nous a dit qu’il n’avait pas la possibilité de nous aider à organiser un scrutin en France.

Afrik : Ne serait-ce pas une simple manoeuvre politique ?

Henri Lopes : Il y a officiellement 14 000 Congolais en France. 1,7 millions d’électeurs au Congo. Le poids des Congolais en France n’est pas très important. Et puis tous ne sont pas de l’opposition.

A lire aussi :

Travaux forcés pour Pascal Lissouba.