Le combat de Sœur Emmanuelle continue au Mali

Après l’Egypte, l’Inde, le Burkina Faso ou encore Madagascar, c’est au Mali qu’ ASMAE, l’association créée par Sœur Emmanuelle en 1980, a décidé de continuer le combat en faveur des enfants défavorisés. Scolarisation et accès aux soins des enfants à Bamako et dans la région de Sikasso seront, dès janvier, les leitmotivs des volontaires de l’association.

Scolarisation des enfants en bas âge, santé scolaire, aide aux enfants handicapés, éveil et accompagnement des petits défavorisés, le combat de Sœur Emmanuelle continue, au Mali cette fois-ci. Après l’Inde, le Burkina Faso, Madagascar et bien d’autres pays, l’Association Sœur Emmanuelle Agir pour l’Enfance Défavorisée (ASMAE), créée par la religieuse en 1980, pose ses bagages et son courage dans ce pays d’Afrique de l’Ouest qui est l’un des plus pauvres du monde. 173ème sur 177 pays au classement du PNUD, un taux d’analphabétisme atteignant les 76% et 48% de la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté. Outre les indicateurs socio-économiques très bas, l’association a choisi le Mali car elle espère pouvoir créer, à long terme, une passerelle avec la France. De nombreux Maliens ont été pris en charge par les programmes de l’association dans l’Hexagone [[Le programme d’aide aux mères célibataires de Bobigny et le programme « Divers-cité » avec les associations de quartier.]].

L’association couvrira ainsi la capitale, Bamako, et sa périphérie ainsi que la région de Sikasso, au sud du pays. Pour Cécile Schmidtt, futur coordinatrice d’ASMAE au Mali, il est important d’être présent à Bamako car «toutes les problématiques urbaines y sont concentrées, notamment celle des enfants des rues ». La présence dans la région de Sikasso relève d’une autre logique. Considéré comme le grenier du Mali, pour l’or et le coton, le sud est délaissé des acteurs du développement qui sont beaucoup plus présents au nord du pays. « Pourtant depuis 2000, il y sévit une grave crise du coton qui fait perdre de la vitesse à ce bassin d’emploi », explique Cécile Schmidtt avant d’ajouter que « la situation y est très critique ».

Une synergie avec les partenaires locaux

Dès janvier 2009, l’association entend travailler avec les acteurs sociaux locaux sur une base partenariale forte. Dans le domaine de la préscolarisation des enfants tout d’abord. 5% des enfants seulement sont préscolarisés et 50% vont à l’école primaire. ASMAE espère mettre en place des jardins d’enfants pour palier aux 3 jardins publics existants. L’association espère ainsi aider les enfants mais également les mères qui, pendant que les petits seront pris en charge, pourront aller au marché, travailler ou cuisiner. « La préscolarisation représente 1% seulement du budget du ministère de l’Education malien », rappelle la future coordinatrice d’ASMAE au Mali. La santé scolaire sera également au programme des activités de l’association pour les enfants pris en charge.

Le défi paraît immense pour l’association et ses quatre volontaires. Cécile Schmidtt espère pourtant toucher quelques centaines voire un millier d’enfants avec les différents programmes. Elle rappelle que ce genre d’actions demande du temps, et que le plus important est de pouvoir travailler avec les acteurs locaux, de les accompagner. « Nous espérons rendre autonomes nos partenaires, nous ne faisons pas d’action directe ». L’impact sur la population est lui, bien direct.
Même si elle reconnait avoir plus de difficultés pour trouver des fonds depuis la disparition de la religieuse en octobre dernier, l’association continue plus que jamais le combat commencé par Sœur Emmanuelle.

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