Le chef de la rébellion ougandaise ADF inculpé de crimes contre l’humanité

Jamil Mukulu, le chef de la rébellion ougandaise des Forces démocratiques alliées (ADF), qui a semé la terreur dans l’est de la République Démcoratique du Congo (RDC) a été inculpé mercredi de crimes contre l’humanité et meurtre de masse, ainsi que de trahison, par un tribunal ougandais.

Jamil Mukulu va devoir faire face à la justice de son pays. Le chef de la rébellion ougandaise ADF-Nalu, qui sème la terreur dans l’est de la République Démocratique du Congo, a été inculpé de crimes contre l’humanité et meurtre de masse ainsi que trahison par un tribunal ougandais mercredi. Ce chef de guerre a été interpellé en Tanzanie en avril avant d’être extradé début juillet en Ouganda. Il a été inculpé avec deux autres de ses complices.

La jsutice oigandaise estime qu’il est responsable d’une série d’attaques dans l’ouest du pays entre 1998 et 2000 qui aurait coûté la vie à plus de 1 000 personnes. De leur côté, Wasgington a ajouté l’ADF à leur liste d’organisations terroristes en 2001, dont l’Ouganda accuse d’avoir des liens avec les insurgés somaliens shebab et Al-Qaïda. Toutefois pour le moment, ces liens n’ont pas été clairement établis. Les rebelles de l’ADF se sont régulièrement attaqué aux populations du territoire de Béni, dans l’est de la RDC. Ils y ont commis systématiquement des massacres de masse que les autorités locales et organisations civiles sur place ont d’ailleurs régulièrement dénoncés.

Actif depuis 1996 dans l’est de la RDC, les rebelles de l’ADF agissent conjointement avec d’autres groupes armés, qui sèment aussi la terreur dans cette région qui regorge de richesses naturelles.

Selon les ONG de défense des droits de l’Homme, les rebelle de l’ADF sont aussi responsables de plusieurs dizaines d’enlèvements au cours des dernières années. Des civils qui avaient été détenus dans des camps des ADF ont décrit avoir vu des meurtres par crucifixion, des exécutions de captifs ayant tenté de s’échapper et des personnes avec la bouche cousue pour avoir prétendument menti à leurs ravisseurs. Certains prisonniers accusés de « mauvaise conduite » étaient maintenus dans des trous ou dans un coffre renforcé avec des clous pendant plusieurs jours ou pendant plus d’une semaine. Les attaquants ont aussi violé des femmes et les ont forcées à devenir leurs « épouses ».

Malgré plusieurs offensives contre la rébellion ougandaise, les forces armées congolaises n’ont pour le moment jamais réussi à anéantir pour de bon la milice toujours active.