Le chef de la junte guinéenne reçoit le soutien de Paris

Les responsables politiques français ont assuré, jeudi, le général Sékouba Konaté, en visite à Paris, de l’appui de la France. Le président de la Guinée par intérim, chargé d’organiser des élections libres en Guinée d’ici fin juin, est le «centre de l’espoir», selon le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner.

L’offensive diplomatique du général Sékouba Konaté en France est, semble-t-il, une réussite. Le chef de la junte militaire en Guinée, en visite dans l’Hexagone, a reçu jeudi, le soutien des autorités françaises au cours des nombreux entretiens qu’il a eus avec plusieurs responsables politiques français. « Cet homme est le centre de l’espoir, l’espoir qui maintenant diffuse vers des élections, le 27 juin, (qui) est toujours la date fixée », a indiqué le Premier ministre Bernard Kouchner, à l’issue de sa première rencontre avec l’homme chargé de mener la Guinée à ses premières élections libres depuis l’Indépendance du pays en 1958. «J’ai beaucoup d’espoir que cela puisse se dérouler de façon libre et transparente», a insisté le chef de la diplomatie française.

Coopération militaire

La visite du général Konaté, d’ordre «privé» mais «avec des rencontres politiques» – affirme le conseiller à la communication du chef de la junte, Boubacaryacine Diallo -, vise à solliciter «un appui à la restructuration des forces de sécurité afin de pérenniser les bases de l’état de droit et de la démocratie». Les « demandes particulières portent surtout sur une coopération militaire dans le cadre des programmes de formation des personnels et de la réorganisation des forces de sécurité», a confirmé le secrétaire d’Etat français à la Coopération Alain Joyandet, qui a déjà rencontré à maintes occasions le président guinéen par intérim à Conakry en 2009.

Le général Konaté s’est également entretenu jeudi en fin de journée avec le chef d’Etat français, Nicolas Sarkozy, et le secrétaire général de la présidence française, Claude Guéant. Une rencontre avec le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, est au menu ce vendredi. Le chef de la junte profitera de son séjour pour prononcer un discours devant la communauté guinéenne de Paris samedi. Son déplacement en France intervient suite à la levée d’interdiction de visas à son encontre lundi à Bruxelles. Sa responsabilité dans le massacre du 28 septembre n’a finalement pas été établie par les Nations unies.