Le cancer n’est pas « une maladie de Blancs »

Le chiffre est alarmant. D’ici 2020, il pourrait y avoir un million de nouveaux cas de cancer en Afrique. La journée mondiale contre le cancer qui se tient mercredi, est consacrée aux pays en voie de développement, les plus touchés par cette maladie. A l’origine de la prolifération de ce fléau, les gouvernements qui n’appliquent pas des programmes de santé publique adéquats.

Les pays en voie de développement sont au cœur de la journée mondiale contre le cancer qui se tient mercredi. Contrairement aux idées reçues, le cancer ne toucherait pas que les pays riches. En 2008, sur les 7,6 millions de décès dus au cancer, 67 % concernaient des populations des pays pauvres. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la maladie ferait plus de victimes dans les pays en voie de développement que le sida, le paludisme et la tuberculose. « Ce n’est pas ‘une maladie de Blancs’, il faut déconstruire ce mythe. Pour preuve, il y a eu 72 % de nouveaux cas de cancer en Afrique pour l’année », estime le Dr Adama Ly, joint par Afrik.com.

Les gouvernements africains inactifs

Pour ce cancérologue, président d’Afrocancer, une association internationale à but scientifique et médical, ces chiffres sont « le résultat du désintéressement des gouvernements africains envers cette maladie ». Si les Etats persistaient dans ce sens, il pourrait y avoir un million de nouveaux cas en Afrique d’ici 2020. « On préfère appliquer des plans de santé publique pour le sida et le paludisme qui sont des maladies dont on connait les agents causals et qui nécessitent moins d’examens réguliers que le cancer », explique Adama Ly.

Ainsi les cancers du col de l’utérus, du foie et de la prostate, très fréquents en Afrique, pourraient être évités si des programmes de santé spécifiques, comprenant notamment des campagnes de sensibilisation, étaient mises en place. « J’aimerais que les gens aillent voir le médecin même quand ils ne sont pas malades. Par exemple, les femmes devraient faire, chaque année, un frottis pour détecter d’éventuelles lésions précancéreuses », précise le cancérologue. D’après l’OMS, on pourrait guérir un tiers des cancers s’ils étaient détectés à temps et traités correctement.

Les risques du tabagisme

Mais fautes de moyens, d’infrastructures adéquates, de médecins spécialisés et de médicaments, l’Afrique reste l’un des continents les plus touchés par cette maladie. Et les usines de tabac qui s’implantent sur le continent et proposent des paquets de cigarettes à bas prix ne risquent pas d’inverser la tendance. « Le tabagisme est en hausse en Afrique, ce qui multiplient les risques de cancers du poumon et de la gorge », précise Adama Ly. Son association qui réunit des chercheurs et des médecins essaye de lutter contre ce fléau.

Actions de sensibilisation, rapports, témoignages de malades, colloques… Depuis sa création en 2005, Afrocancer alerte les politiques sur cette maladie, en vain. Les gouvernements persistent à faire la sourde oreille pendant que la population africaine se bat contre le cancer…

A consulter :

 le site Afrocancer

 le journal africain du Cancer

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