Le boycott des ports marocains par l’Algérie entraîne le déplacement de plusieurs transporteurs vers l’Espagne


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Un porte-conteneurs en mer
Un porte-conteneurs en mer

La décision de l’Algérie d’interdire l’entrée des marchandises transitant par les ports marocains représente une mesure forte dans le conflit entre les deux voisins en Afrique du Nord. En effet, cette mesure a des répercussions sur les stratégies des grandes compagnies maritimes et les échanges commerciaux à l’échelle régionale et internationale.

Le boycott par l’Algérie des bateaux transitant par le Maroc a provoqué un réajustement majeur des stratégies logistiques des géants du transport maritime. Notamment les deux premiers d’entre eux, Maersk et CMA CGM. Ces derniers, qui s’appuyaient fortement sur le port de Tanger-Med comme hub stratégique en Méditerranée, ont dû repenser leurs itinéraires vers l’Algérie. Auparavant, APM Terminals (groupe Maersk) gérait deux terminaux clés à Tanger. Actuellement, CMA CGM privilégie Valence et les ports andalous, tandis que Maersk oriente la majorité de son trafic vers l’Algérie via Barcelone et Algésiras, en Espagne.

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Cette réorientation des flux logistiques s’aligne avec un rapprochement entre l’Algérie et l’Espagne, offrant une possibilité de compensation pour certaines perturbations causées par cette décision. Par exemple sur les livraisons de gaz.

Conséquences économiques et commerciales pour l’Algérie et le Maroc

Pour l’Algérie, les répercussions de cette interdiction se manifestent principalement par une augmentation des coûts et des délais de livraison. La dépendance antérieure aux ports marocains pour l’importation de biens nécessite maintenant de trouver des alternatives, ce qui peut impacter négativement l’efficacité logistique et la chaîne d’approvisionnement. Mais c’est au final relativement indolore pour le pays d’Abdelmadjid Tebboune. Cependant, cette décision entrave les échanges commerciaux au sein de l’Union du Maghreb Arabe, mettant en péril les efforts d’intégration économique régionale.

Pour le Maroc de Mohammed VI par contre, la perte de revenus des ports, notamment de Tanger-Med, est une conséquence directe. Elle a un coût en matière d’emploi et représente une perte de revenus importante. En réponse, le Maroc va être amené à tenter de renforcer ses liens commerciaux avec d’autres nations africaines et européennes, réorientant ainsi ses stratégies commerciales pour compenser les pertes. Mais ce ne sera pas simple.

Impact régional et international

L’impact de cette décision peut s’étendre au-delà des frontières algériennes et marocaines, affectant les chaînes d’approvisionnement internationales. Les entreprises mondiales utilisant ces routes pourraient être contraintes de reconsidérer leurs chaînes logistiques, entraînant des coûts supplémentaires et des perturbations. Les accords commerciaux des deux pays qui existent, notamment avec l’Union Européenne, pourraient également être impactés.

En effet, l’interdiction par l’Algérie de l’entrée des marchandises transitant par les ports marocains présente des défis économiques et logistiques considérables. Elle démontre aussi la faiblesse de l’infrastructure portuaire qui n’est pas suffisamment développée en Afrique du Nord. Ce boycott prend place dans un vaste jeu d’influence au Maghreb avec toujours au centre la question du Sahara occidental et de ses ressources supposées.

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