Le bar du vieux Français : ouvert pour tous

Trois personnages. Leila, Célestin et le patron du bar. En Afrique. Trois histoires, une histoire. Des chevauchées. Les chemins parallèles se rejoignent au Maroc. Leila a quitté sa banlieue pour l’Afrique. Célestin délaisse son village pour l’Europe.  » Le bar du vieux Français « , bande dessinée de Jean-Pierre Stassen est à fréquenter. Sans modération.

Adulte : Jean-Pierre Stassen a-t-il été jeune ? Le doute est plus que permis en lisant ses oeuvres. Il a su capter, avec ses vingt ans, toutes les contradictions de l’être humain. Et les rendre compréhensibles. On est collé aux planches, comme suspendu aux lèvres d’un griot.  » La valeur des histoires dépend d’abord de la personne qui les raconte. Parce qu’il y a mille façon de les raconter « , affirme le vieux Français. Apparemment, Stassen a choisi la meilleure.

L’histoire n’est jamais simple. Elle vient de loin et poursuit son chemin. Malgré nous. Malgré la volonté des personnages.  » J’ai une dette de vie. Je ne sais pas si on naît comme ça, mais c’est parce que ma petite soeur est morte à cause de moi « , dit douloureusement Célestin.

Sur les routes

 » Le bar du vieux Français  » est une oeuvre humaniste. De la grande littérature ! Entre Zola et Kérouac. Une description au scalpel de la société et une quête de l’absolu. Stassen ne démontre rien. Il se satisfait de montrer. Avec brio. Oui, ses personnages existent, on les a tous rencontrés. Il suffit d’ouvrir les yeux pour les reconnaître dans la rue. Ou chez soi. Stassen a su les voir. C’est nos voisins.

Les dessins sont lourds, chauds et les traits épais et denses. Les personnages, aux regards fixes, hypnotiques, semblent vouloir se libérer. Sortir des planches.  » J’ai essayé de prendre une voie très lisible, très claire. J’ai placé des aplats de couleurs sur des traits noirs. J’ai cherché un compromis entre le graphisme BD et ce type d’illustrations « , explique Stassen.

Dommage que Stassen et Denis Lapière, le dessinateur, se soient quittés !

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Retrouvez ici la chronique de Déogratias, la bouleversante bande dessinée de Stassen sur la tragédie rwandaise