
À l’inauguration du Théâtre Royal de Rabat le 22 avril 2026, la princesse Lalla Khadija a marqué les esprits aux côtés de Brigitte Macron et de ses tantes Lalla Meryem et Lalla Hasnaa. À 19 ans, la sœur du prince héritier Moulay El Hassan confirme sa montée en visibilité dans la monarchie marocaine et esquisse son nouveau rôle, entre culture et diplomatie.
La soirée du mercredi 22 avril 2026 marquera la vie culturelle marocaine. Sur les rives du Bouregreg, face à la Tour Hassan et au Mausolée Mohammed V, le Théâtre Royal de Rabat a ouvert ses portes au public lors d’une cérémonie inaugurale de prestige. Mais c’est une présence inattendue et très commentée qui a capté l’attention : celle de la princesse Lalla Khadija, 19 ans, fille du roi Mohammed VI, apparue aux côtés de Brigitte Macron et de ses tantes, les princesses Lalla Meryem et Lalla Hasnaa.
Une apparition très remarquée
Les agences de presse et les observateurs de la vie royale marocaine ont parlé d’une « apparition surprise ». Longtemps tenue à l’écart de la scène publique, la jeune princesse a multiplié les sorties officielles depuis 2024, ce qui alimente l’idée d’une montée progressive en visibilité.
SAR les Princesses Lalla Meryem, Lalla Hasnaa et Lalla Khadija, accompagnées de Brigitte Macron, assistent au spectacle d’ouverture du Théâtre Royal de Rabat. pic.twitter.com/RLn1RFzWmx
— PhDounia (@PhDounia) April 22, 2026
Avant de rejoindre la loge royale, Brigitte Macron, Lalla Khadija, Lalla Hasnaa et Lalla Meryem ont été accueillies par les membres du conseil d’administration de la Fondation du Théâtre Royal. Sur les photographies officielles diffusées par la MAP, Lalla Khadija apparaît placée en tête du groupe, aux côtés de la Première dame française. Ce choix protocolaire n’a rien d’anodin comme le fait qu’elle ait devancé, voire même un peu laissé sur place en raison de son pas rapide, ses tantes dans le déplacement.
Un écrin culturel de prestige pour Lalla Khadija
Le Théâtre Royal de Rabat, conçu dès 2010 par l’architecte irako-britannique Zaha Hadid, comprend une salle de concert de 1 800 places, un théâtre plus intimiste et un amphithéâtre extérieur pouvant accueillir 7 000 spectateurs. Livré en 2021, l’édifice n’avait pas encore été inauguré officiellement. Il s’impose désormais comme l’un des équipements culturels phares du continent africain.

La soirée musicale a été pensée à la hauteur de l’événement. Pour la première fois, l’Orchestre Philharmonique du Maroc et l’Orchestre Symphonique Royal ont joué ensemble sur une même scène. Sous la direction de la cheffe d’orchestre et pianiste Dina Bensaïd, 76 musiciens et 40 choristes ont proposé un programme mêlant Tchaïkovski, Bizet, Verdi et des pièces issues du patrimoine arabo-andalou, avec une création originale du compositeur et oudiste Driss El Maloumi.
Lalla Khadija, une princesse de plus en plus présente

Pour mesurer la portée de cette apparition, il faut revenir sur la trajectoire récente de Lalla Khadija. En octobre 2024, lors de la visite d’État d’Emmanuel Macron à Rabat, le roi Mohammed VI avait placé sa fille au premier plan, aux côtés de Brigitte Macron, lors du banquet d’État. C’était alors sa première apparition publique d’envergure depuis plusieurs années.
Quelques jours après avoir atteint ses 18 ans, le 28 février 2025, la princesse avait de nouveau accompagné son frère, le prince héritier Moulay El Hassan, lors du lancement de l’opération nationale Ramadan 1446 à Rabat. Depuis, sa présence semble plus régulière dans les rendez-vous officiels, dans une logique qui associe désormais culture et diplomatie.
Pendant longtemps, la représentation publique féminine de la monarchie marocaine a reposé sur les sœurs du roi : Lalla Meryem, présidente de l’Union nationale des femmes du Maroc ; Lalla Hasnaa, présidente de la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement ; et Lalla Asmae, engagée auprès des personnes sourdes et malentendantes. Ces figures ont incarné la dimension sociale et humaniste de la couronne.
Mais la relève s’organise. Depuis le retrait progressif de la princesse Lalla Salma, mère du prince héritier, dont les apparitions publiques se sont raréfiées à la suite de sa séparation avec Mohammed VI , Lalla Hasnaa revient sous les projecteurs. Au soir du 22 avril, en s’asseyant aux côtés de Brigitte Macron dans la loge royale du Théâtre Royal, Lalla Khadija a simplement pris sa place dans la continuité dynastique.
Un tandem princier en construction
La montée en puissance de Lalla Khadija s’inscrit dans une transition générationnelle plus large au sein de la monarchie alaouite. Son frère, le prince héritier Moulay El Hassan, 22 ans, est déjà mobilisé sur plusieurs dossiers sensibles du royaume, des cérémonies officielles aux rendez-vous internationaux. Il se prépare en cas de succession précipitée en raison de l’état de santé fragile de Mohammed VI.
Dans ce contexte, la princesse apparaît comme un atout culturel et diplomatique de premier plan. Polyglotte, passionnée de musique et d’équitation, elle incarne une image de modernité compatible avec les codes de la monarchie marocaine. Sa présence de plus en plus assumée aux côtés de son frère laisse entrevoir la construction d’un tandem appelé à compter dans le futur de la couronne.
Lalla Khadija n’a pas volé la vedette à ses tantes. Elle a confirmé qu’elle occupait désormais une place à part, et cette place paraît appelée à compter davantage dans l’histoire de la monarchie marocaine.



