La visite de Denis Sassou Ngesso en France controversée

Le président congolais Denis Sassou Ngesso a été reçu à l’Elysée mercredi par son homologue Nicolas Sarkozy. Une visite très critiquée par l’opposition congolaise et par de multiples associations qui dénoncent « la complaisance de la France avec les dictatures françafricaines ».

Denis Sassou Ngesso s’est entretenu avec Nicolas Sarkozy mercredi à l’Elysée durant près d’une heure. Le président congolais, en visite en France jusqu’au 11 février, participera à une réunion préparatoire à la conférence Rio+20 sur le développement durable, qui doit se tenir courant juin. Le dirigeant congolais doit également rencontrer le MEDEF et des représentants de l’Agence française de développement.

« Des relations contestées »

« Nous nous sommes surtout félicités de l’excellence des relations qui existent. Le gouvernement français a promis de soutenir le Congo dans cet élan-là », a indiqué le chef d’Etat congolais à l’issue de la rencontre avec Nicolas Sarkozy. Pourtant, ce sont principalement les relations franco-congolaises qui sont mises en cause par des associations et l’opposition congolaises qui ont vivement critiqué la visite de Sassou Ngesso. La Fédération des Congolais de la diaspora (FCD) a dénoncé « les liens complaisants que les autorités françaises continuent d’entretenir avec les dictatures ». Denis Sassou Ngesso a également été conspué par des militants de la diaspora qui ont manifesté à quelques pas de l’Elysée, accusant l’Etat congolais de détourner les ressources du pays.

« Il est grand temps d’en finir avec cette Françafrique »

Même son de cloche du côté des politiques français. Pour Eva Joly, la candidate Europe-Ecologie les Verts à l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy « continue de faire honneur aux dictateurs ». Le parti communiste estime qu’il est « grand temps d’en finir avec cette Françafrique », rapporte RFI. Le socialiste Kadef Harif a dénoncé le « caractère hautement symbolique » de cette visite, « alors que l’enquête sur l’affaire des biens mal acquis dans laquelle il serait impliqué se poursuit en France ».

La France est le premier partenaire économique et financier du Congo où sont présents notamment le groupe pétrolier Total et le groupe Bolloré, gestionnaire du port de Pointe Noire.