Biens mal acquis : le parquet de Paris à la recherche de preuves

Le parquet de Paris a procédé mercredi à des perquisitions chez les avocats et notaires dans le cadre de l’enquête des biens mal acquis en France des chefs d’Etats africains, Denis Sassou Nguesso du Congo, Teodoro Obiang Nguema de la Guinée équatoriale et le défunt président gabonais Omar Bongo Ondimba. L’ONG de lutte contre la corruption, Transparency international France, avait déposé une deuxième plainte à leur encontre en 2008.

Le parquet de Paris a perquisitionné mercredi les cabinets des avocats et notaires des dirigeants africains congolais Denis Sassou Nguesso, Equato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, du défunt président gabonais Omar Bongo et de leurs proches accusés d’avoir acquis illégalement leur patrimoine en France, rapporte RFI. Des documents ont été saisis lors de l’opération qui intervient alors que la justice française avait récemment refusé de poursuivre l’enquête sur les biens mal acquis de ces chefs d’Etat africains.

D’autres perquisitions «prochainement»

Le parquet de Paris avait refusé d’élargir l’enquête sur le patrimoine en France suite au dépôt d’une plainte en 2008 par Transparency international France qui lutte contre la corruption. L’ONG en avait déjà déposé une en 2007. « C’est une décision ahurissante, contraire à l’efficacité de l’enquête et en ligne avec la logique d’obstruction du parquet depuis 2007», avait déclaré Me William Bourdon le 9 juin dernier en annonçant la décision de la justice française. «Si l’on doutait que le parquet est le bras armé du pouvoir politique, ce refus en est le reflet absolu. », avait poursuivi l’avocat des parties civiles. Une instruction est ouverte depuis décembre 2010.

William Bourdon a estimé mercredi sur les antennes de RFI que « l’examen des actes de vente que les notaires ont dressé devrait permettre de déterminer d’où vient ce flux d’argent qui a permis à ces présidents d’acheter des appartements qui coûtent des millions d’euros ». Selon lui, « c’est en traçant ce fil rouge que l’on pourra déterminer que tout ce patrimoine n’a pas été acquis » légalement. Ces perquisitions constituent pour l’avocat une première étape. « D’autres devraient avoir lieu prochainement », a-t-il indiqué.