La Somalie attend son nouveau gouvernement

Le président de la Somalie vient de désigner son Premier ministre, chargé de former le nouveau gouvernement. Une nouvelle étape dans le processus de paix du pays s’ouvre. Les chefs de clans manifestent une fois de plus leur mécontentement.

Dimanche dernier, la Somalie découvrait en la personne d’Ali Khalif Galaydh, son nouveau Premier ministre, près de dix ans après la chute du gouvernement de l’ancien dictateur Siad Barre en 1991. A 58 ans, Ali Khalif Galaydh est un homme d’affaires reconnu, membre d’une division du puissant clan Darod qui contrôle le nord du pays. Il fut, durant une courte période, ministre de l’Industrie sous la présidence de Siad Barre.

Désigné par le président Abdoulkassim Salat Hassan, Ali Khalif Galaydh devrait nommer, ces prochains jours, les vingt-cinq ministres qui composeront le nouveau gouvernement  » de réconciliation et de reconstruction nationale « .

Selon les autorités officielles, la nouvelle équipe dirigeante s’installera ensuite à Mogadiscio. Pour l’heure, le parlement de transition et le président somalien élu le 26 août dernier, sont toujours en exil à Djibouti, où s’est tenue la conférence de réconciliation nationale d’Arta. Depuis son élection, Abdoulkassim Salat Hassan ne s’est rendu qu’une seule fois dans la capitale somalienne, où il a recueilli un large soutien populaire.

L’opposition des chefs de guerre

Depuis la chute du régime Barre, la Somalie n’a pas connu un seul gouvernement central, mais s’est trouvée déchirée par les différents chefs de clans. Et ce sont précisément ces derniers que le nouveau Premier ministre devra affronter en premier lieu. Beaucoup d’entre eux ne reconnaissent pas le processus de paix d’Arta, et gouvernent en toute  » indépendance  » autoproclamée certaines régions, comme le Puntland et la Somaliland, dans le nord de la Somalie.

Le plus puissant chef de Mogadiscio, Hussein Mahamed Aïdid a notamment déclaré la semaine dernière, qu’il ne reconnaîtrait jamais un gouvernement en exil comme celui de Salat en tant qu’autorité légitime. Mais qu’il s’estime prêt à entamer des négociations, à condition que celles-ci aient lieu à Mogadiscio. Il rejette notamment le parlement de transition qu’il ne considère pas comme représentatif des factions présentes dans le pays et de la société civile.