Le nouveau président somalien mise sur le soutien populaire

Elu à l’issue de la conférence d’Arta, Abdikassim Salad Hassan a bravé l’opposition féroce des chefs de clan pour faire une entrée triomphale dans Mogadiscio. La tâche qui l’attend – ramener la paix en Somalie – reste immense et périlleuse.

Elu le week-end dernier par les 245 députés réunis dans la petite ville djiboutienne d‘Arta, Abdikassim Salad Hassan, premier président élu de la Somalie depuis la chute du dictateur Siad Barré en 1991, a créé une surprise de taille en atterrissant dès mercredi à Mogadiscio.

Dans la capitale, 120 000 Somaliens ont accueilli le président dans une atmosphère de liesse, agitant des drapeaux sur tout le parcours conduisant de l’aéroport jusqu’au stade national. Dans la nuit de vendredi à samedi dernier déjà, la plupart des habitants équipés de téléviseurs avaient suivi en direct, pendant de longues heures nocturnes, l’élection du nouveau chef de l’Etat.

Partition pacifique

Suite aux déclarations de non-allégeance et aux accusations de complot reçues de la part des chefs de guerre qui se partagent le territoire du pays depuis neuf ans, Abdikassim Salad Hassan avait d’abord déclaré qu’il ne viendrait pas dans son pays avant d’avoir terminé ses consultations en vue de la constitution d’un gouvernement de  » transition et d’union nationale « . La tâche du président élu devrait s’avérer d’une grande difficulté.

Le président Hassan a déjà remporté une première victoire en s’appuyant courageusement sur le soutien populaire. Il a ainsi démenti tous ceux qui déclaraient que son élection n’est pas légitime.

Mais dès à présent, il va devoir faire face à une coalition inédite, entre les chefs des deux Etats autoproclamés du Somaliland (Nord-Ouest) et du Puntland (Sud-Est). Ceux-ci ont déjà décidé une partition pacifique du pays en deux Etats.