La Sahel menacé par une invasion de criquets

A la suite des pluies abondantes qui se sont abattues sur le Sahel, toute la région est menacée par une invasion de criquets, a annoncé jeudi l’Institut national algérien de protection des végétaux (INPV).

Tous les pays de la région du Sahel sont menacés par une invasion de criquets, suite aux pluies abondantes qu’ils ont enregistrées dernièrement, favorisant la reproduction des insectes. L’Institut national algérien de protection des végétaux a tiré jeudi la sonnette d’alarme. « Des essaims de jeunes adultes sont présents au Soudan et sur le point de se former au Niger et au Mali », a déclaré à l’agence APS Ahmed Sekkouti, responsable de l’INPV pour la région de Ghardaïa, dans le sud. Les fortes pluies qui se sont abattues sur les pays du sahel sont en train de favoriser « l’éclosion des larves des acridiens et déclenchent la multiplication de ces populations », a-t-il précisé.

Pour le moment, dans le sud algérien « aucune infestation ou activité acridienne alarmantes » n’a toutefois été observée par les différentes équipes de prospection déployées dans la zone, selon le responsable. Est-ce pour autant que le sud-algérien est moins menacé que les autres régions du Sahel? Rien n’est moins sûr. Dans tous les cas, la vigilance doit être maintenue, selon Ahmed Sekkouti.

Menace au Niger

Avec le signalement de criquets dans les pays voisins, « nous recommandons seulement aux agriculteurs d’être prudents et d’avoir un comportement citoyen et civique en informant les services agricoles les plus proches dès l’apparition de sujets acridiens, afin de coordonner nos efforts et d’intervenir rapidement », a-t-il souligné. D’ailleurs un dispositif préventif de surveillance contre toute incursion du criquet pèlerin a été réactivé et renforcé depuis l’année dernière.

La situation de certains pays comme le Niger est particulièrement préoccupante. Selon le rapport du bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), publié dimanche 18 août, « des effectifs importants de criquets, tous stades de développement confondus, sont observés dans le nord désertique nigérien, allant des ailés de 500 à 750 individus par hectare aux larves de 1 000 à 7 200 par hectare ». Pour l’organisation onusienne, « il s’agit d’un signe évident que les criquets sont en train de se reproduire de façon échelonnée dans les foyers les plus actifs du pays ». Face à cette menace, le Centre national de lutte anti-acridienne (CNLA) a assuré avoir « pris des mesures pour prévenir une invasion de criquets ».