La passion du Dakar

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Le Dakar s’est achevé ce dimanche 18 janvier. Il y a eu des victoires, des déceptions aussi. Notamment pour Olivier le Cocq, passionné de moto qui a dû abandonner le rallye 2004 à la huitième étape. Rencontre avec cet amoureux du désert qui parle de sa dernière aventure sans amertume.

En marge des têtes d’affiche du Dakar 2004, qui s’est achevé dimanche dernier, le célèbre rallye est aussi synonyme d’aventure humaine pour nombre d’anonymes qui participaient au grand rendez-vous en amateur. Olivier le Cocq a abandonné la course lors de sa 8ème étape. Il en était à sa troisième participation. Passionné de course moto dans le désert, c’est à 35 ans qu’il s’est décidé à participer à sa première grande course. En 1997, il fabrique un prototype à trois roues et veut s’engager sur le rallye de l’Atlas (Maroc). Mais pour des raisons de normes, les organisateurs lui en interdisent le départ. Qu’importe, le « fou de moto », quelques mois plus tard, croise Patrick Zaniroli, directeur sportif de TSO (Thierry Sabine Organisation). L’année suivante, Olivier le Cocq se retrouve au départ de son premier Dakar, sur une Honda 650 XR. Aujourd’hui, il revient sur son troisième raid, qu’il ne regrette pas, malgré ses déboires rencontrés dans le désert.

Afrik : Comment s’est passé votre rallye ?

TDFMedia.jpgOlivier le Cocq : Assez mal. Mes mains ont beaucoup souffert. J’ai eu les paumes rongées. J’ai aussi fait des chutes entre Tantan et Atare, au Maroc. C’est entre ces deux régions qu’on m’a volé ma balise. Pour la suite, un concurrent qui avait abandonné m’a passé la sienne, afin de pouvoir continuer, parce que l’organisation m’empêchait de prendre le départ. En tant qu’amateur, c’est à dire sans aucun sponsor, quand vous pensez à ces 1 500 euros (1 million de FCA) que vous a coûté cette balise, vous êtes abattu.

Afrik : Pourquoi avez-vous abandonné à la huitième étape ?

Olivier le Cocq : Le vol de ma balise de sécurité m’a fait perdre deux bonnes heures. J’ai dû repartir à 8h au lieu de 6h. C’est quelque chose de très dur, en ce sens que vous partez après les voitures. J’ai quand même fini la spéciale aux alentours de 18h30-19h. Il a fallu ensuite s’engager sur la liaison de 222 km, ce qui m’a fait arriver à 1h du matin sur le bivouac de Tantan. J’ai dû repartir une heure plus tard, sans avoir fermé l’œil de la nuit.

Afrik : Quelle est la différence entre Nani Roma (le vainqueur) et vous ?

Olivier le Cocq : Il y en a beaucoup. Lui, c’est un professionnel, moi, je suis amateur. Il doit avoir environ 30 ans, alors j’en ai 42. Il a aussi des sponsors, possède une puissante moto dont la vitesse maximale tourne autour des 170 Km/h. La mienne atteint à 150km/h. Il faut aussi savoir qu’il fait des rallyes tout au long de l’année, alors que moi, je m’occupe d’un atelier, ici en Côte d’Ivoire, que je dirige à plein temps. En outre, il possède un préparateur physique qui l’accompagne partout.

Afrik : Sans sponsor, comment y arrivez-vous ?

Olivier le Cocq : C’est très difficile. Etant amateur à 100%, je fais appel à quelques amis, qui m’aident financièrement. J’en ai démarché d’autres qui m’ont emmené de la Côte d’Ivoire au Sénégal, en m’offrant un billet d’avion gratuit.

Afrik : Pensiez-vous remporter le Dakar?

Olivier le Cocq : Mon but n’est pas de remporter un jour le Paris-Dakar. Rouler sur une moto dans le désert africain est un énorme plaisir pour moi. Il y a un sentiment de liberté que je ressens et que je chercherai toujours à éprouver. C’est pour cela que l’année prochaine, vous me retrouverez de nouveau, au départ du Dakar.

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