La curieuse annonce d’une découverte importante de gaz en Algérie

Exploitation de gaz, Algérie
Exploitation de gaz en Algérie

Alors que les pays européens, pour la plupart angoissés par les coupures progressives de gaz russe, tentent de trouver des solutions palliatives, l’Algérie annonce la découverte d’importantes quantités de gaz. Si l’Espagne et l’Italie s’approvisionnent déjà en Algérie, l’Allemagne, qui est pleines négociations, semble visée par cette nouvelle annonce.

Le groupe pétrolier algérien Sonatrach a annoncé la découverte d’importantes quantités de gaz à condensat dans la partie Sud du pays. La compagnie pétrolière a indiqué avoir réussi à «mettre en évidence un potentiel important en hydrocarbures dans le réservoir Lias Carbonaté «LD2» au niveau du périmètre d’exploitation de Hassi R’Mel». Une annonce faite alors que l’Europe a fait part de sa volonté d’acquérir beaucoup plus de gaz algérien pour s’affranchir du gaz russe.

«L’évaluation préliminaire de ce potentiel a montré un volume qui varie entre 100 et 340 milliards de m3 de gaz à condensat. Ces volumes constituent l’une des plus grandes réévaluations des réserves des 20 dernières années», a ajouté la Sonatrach qui précise qu’un programme de travaux de développement est en cours d’exécution «pour confirmer les volumes estimés et réaliser des productions en fast track de l’ordre de 10 millions de m3 par jour à partir du mois de novembre 2022».

La Russie, une sérieuse menace pour le pays d’Olaf Scholz

Une bonne nouvelle pour l’Europe. Seulement, si l’Italie a déjà un pied en Algérie, à travers la société ENI, qui lui fournit du gaz, ce n’est pas le cas de l‘Allemagne, alors que le pays subit un sevrage progressif de gaz de la part de Gazprom, la société russe, qui a réduit ses livraisons de plus de 40%. Ce qui représente une sérieuse menace pour le pays d’Olaf Scholz. Angoissée par les coupures de gaz russe, l’Allemagne a certes pris l’option de recourir davantage aux centrales à charbon, mais aussi de prospecter d’autres pays producteurs de gaz.

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L’Allemagne a même sollicité l’Algérie, qui a posé ses conditions. Si l’Allemagne veut acheter du gaz à l’Algérie, «alors ouvrez de nouveaux gisements avec nous. Comme les Italiens avec le groupe ENI», a dit Alger, qui a fait part d’un «programme ambitieux de 39 milliards de dollars pour accroître la production dans le secteur pétrolier et gazier d’ici 2026». Et l’annonce de ces nouvelles découvertes de gaz algérien pourrait être perçue comme un appât jeté par Alger à l’Allemagne, obligée de mettre la main à la poche avant de prétendre au gaz algérien.

Cascade de découvertes de gaz depuis la guerre

Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’Algérie a multiplié les annonces de nouvelles découvertes de gaz. En mars dernier, la Sonatrach avait annoncé deux découvertes. D’abord un puits de délinéation West Oglet En Nasser-2 (WOEN-2) dans le périmètre Touggourt Est I, situé au Nord du champ de Hassi Messaoud. «Le test de production réalisé dans l’objectif principal du trias a produit du gaz avec des débits de 185 582 m3 /jour de gaz», avait annoncé la société pétrolière.

Ensuite, au Sud-Ouest du pays, plus précisément dans la wilaya d’El Bayadh, où le groupe pétrolier algérien avait annoncé avoir testé, toujours en mars, le puits d’exploration Ouled Sidi Cheikh-1 (OSC-1) dans le périmètre El Ouabed, situé à environ 158 Km à l’Ouest de Hassi R’Mel. Le test de production réalisé dans ce réservoir aurait débité du gaz avec des débits de 6 456 m3 /jour de gaz. Des quantités qui étaient déjà intéressantes notamment pour l’Europe.

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