La Côte d’Ivoire rend justice aux sorciers

Les Eléphants seraient-ils victimes d’une vengeance des sorciers, mécontents de ne pas avoir été payés après la victoire de la Côte d’Ivoire à la Can 1992 ? Moïse Lida, ministre de la Défense et de la Protection civile semble être de cet avis. Pour preuve, il vient de solder ce différend vieux de dix ans dans l’espoir de jours meilleurs pour l’équipe.

Rien ne va plus pour les Eléphants ivoiriens. Non qualifiée pour la Coupe du monde 2002, écrasée par le Congo et éliminée dès le premier tour à la Can 2002, comme d’ailleurs deux ans plus tôt au Nigeria, abandonnée par sept entraîneurs en huit ans, l’équipe victorieuse de la Can 1992 n’est plus, depuis quelques temps, que l’ombre d’elle-même.

Une situation si catastrophique que le ministre de la Défense et de la Protection civile lui-même, Moïse Lida, s’en est ému. Et pense même avoir trouvé l’explication de cette série noire et la solution pour l’arrêter. Le mérite du triomphe des Eléphants à la Can 1992 reviendrait en fait en grande partie à l’intervention des sorciers d’Arkadio. En échange, ceux-ci devaient recevoir une conséquente rémunération. Qu’ils n’ont jamais reçue.

Ils auraient donc décidé de se venger en nuisant aux Eléphants. Mais c’était sans compter la clairvoyance du ministre Lida. En visite au village d’Arkadio, il vient de demander solennellement pardon, d’offrir une bouteille de liqueur et 1 500 000 francs cfa au village, afin que les sages assistent à nouveau la République et le ministère des Sports.

Réaction de la Fif

A la Fédération ivoirienne de football (Fif), c’est la perplexité qui domine. D’un ton amusé, le Directeur général déclare avoir été très  » surpris  » par la nouvelle qu’il vient d’apprendre dans les journaux.  » C’est une décision plus politique qu’autre chose. Elle n’a pas été prise en concertation avec la fédération de football.  » Il n’en dira pas plus. Quant au cabinet du ministre, il n’a pas souhaité fournir de plus amples explications sur cette étonnante décision. Une bonne nouvelle qui semble bien embarrassante.

Quoi qu’il en soit, la décision crée un précédent qui pourrait bien intéresser tous les féticheurs d’Afrique. Le mois dernier, l’un d’eux avait déjà essayé de faire valoir ses droits auprès des Lions Indomptables du Cameroun. En vain. Il devrait sans doute retenter sa chance lorsque les Lions Indomptables seront en moins grande forme.

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