La Côte d’Ivoire poursuit son ouverture au monde

Fidèle à son partenaire historique français, la Côte d’Ivoire a néanmoins développé de solides relations commerciales et diplomatiques avec d’autres pays étrangers depuis plusieurs années. Le Maroc, la Chine et les États-Unis démontrent ainsi un intérêt croissant pour Abidjan.

Plus d’un siècle de présence oblige, la Côte d’Ivoire entretient toujours des rapports privilégiés avec la France, qui a occupé le pays jusqu’à son indépendance en 1960. Mais si Abidjan demeure le premier partenaire commercial de Paris dans la zone franc et le troisième en Afrique subsaharienne après l’Afrique du Sud et le Nigéria, l’inverse n’est plus tout à fait vrai. Les investissements français restent certes conséquents en Côte d’Ivoire (1,125 milliard d’euros entre 2015 et 2020), mais la France se classe aujourd’hui seulement deuxième derrière le Maroc, qui a assuré 22 % des investissements directs dans le pays en 2015, contre 16 % pour la France. De même, Paris n’est plus le premier partenaire commercial d’Abidjan, dépassé par Abuja, la capitale nigériane.

Depuis son élection en octobre 2010, Alassane Ouattara, président de la Côte d’Ivoire, a prouvé sa volonté d’ouvrir le pays au monde entier, notamment en encourageant les investisseurs étrangers. Le 19 juillet 2016, une table ronde a ainsi réuni le gouvernement ivoirien, le Royaume du Maroc et plusieurs bailleurs de fonds du Golfe arabe (Arabie Saoudite, Koweït, Dubaï, etc.) afin de lever 468 millions de dollars destinés à financer la sauvegarde et la valorisation de la baie de Cocody à Abidjan. Au même moment, Mamadou Sangafowa, ministre de l’agriculture et du développement rural ivoirien, était en visite à Pékin pour présenter le potentiel ivoirien pour l’agriculture chinoise en matière de riz, de noix de cajou et de cacao, et promouvoir l’exportation de cacao, de café, d’anacarde, de mangue et d’ananas vers la Chine. La Côte d’Ivoire est en effet le premier producteur mondial de cacao, avec près d’1,4 million de tonnes annuelles de fèves.

Bond dans le classement « Doing business »

Depuis plusieurs années, la Côte d’Ivoire multiplie les échanges avec la Chine, avec qui elle entend renforcer sa coopération à titre commercial, mais aussi diplomatique. En avril, le président du Sénat chinois, Yu Zhengsheng, a ainsi effectué une visite officielle à Abidjan, où il a été reçu par Alassane Ouattara dans l’optique d’accélérer les rapports sino-ivoiriens. Après le rapprochement entre les agences de presse nationales des deux pays début juillet, Alain Richard Donwahi, ministre de la défense ivoirien, a déclaré fin juillet vouloir s’inspirer des réformes engagées par les autorités chinoises pour moderniser son armée, preuve des relations de plus en plus suivies entre Pékin et Abidjan.

Outre-Atlantique, la Côte d’Ivoire entretient aussi des rapports privilégiés avec les États-Unis. Quelques jours après avoir souligné la volonté des deux pays de renforcer leur coopération commerciale et diplomatique, Terence McCulley, ambassadeur américain à Abidjan, a inauguré début juillet le Centre Andrew Young, dédié à la promotion de l’entrepreneuriat. Ouvert gratuitement au grand public, le centre permettra notamment aux usagers d’apprendre l’anglais, de suivre des MOOCs et d’obtenir des renseignements pour poursuivre des études aux États-Unis. Preuve de son ouverture économique au monde entier, la Côte d’Ivoire progresse chaque année dans le classement « Doing business » établi par la Banque mondiale. En 2016, elle a ainsi gagné trois places au niveau mondial et cinq rangs parmi les pays d’Afrique subsaharienne (17e, contre 22e en 2015).