La Côte d’Ivoire fait le forcing pour obtenir la direction de la BCEAO

Le successeur de l’Ivoirien Charles Konan Banny, ancien gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), sera connu à l’occasion du 12ème sommet ordinaire des Chefs d’Etat et de gouvernements de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui se tient les 16 et 17 janvier, au Burkina Faso. Les Ivoiriens misent sur l’actuel ministre du Plan et du Développement Antoine Bohoun Bouabré, mais d’autres Etats africains entendent bien placer leur favori.

Notre correspondante à Abidjan

Antoine Bohoun Bouabré, actuel ministre d’Etat, ministre du Plan et du Développement et ancien Ministre de l’économie et des Finances de Côte d’Ivoire, semble bien parti pour hériter, après son compatriote Charles Konan Banny, de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). La Côte d’Ivoire, sous l’insistance du Chef de l’Etat Laurent Gbagbo, a déjà déposé sa candidature pour le gouvernorat de cette lourde institution.

«Je vais faire part de mon choix à mes pairs. C’est celui qui a le plus d’argent dans une banque qui la dirige. Le poste de gouverneur de la BCEAO revient naturellement à la Côte d’Ivoire. Si les autres chefs d’Etat veulent s’opposer à cette évidence, je me retire de la zone monétaire pour créer ma propre monnaie. Je ne négocie rien», avait confié le Chef de l’Etat ivoirien, lors d’une interview accordée à l’hebdomadaire Jeune Afrique en avril passé. « Il n’y a donc pas de doute que la Côte d’Ivoire mérite bien le poste de gouverneur de la BCEAO et les autres pays membres de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) devraient l’entendre ainsi», avait-il encore affirmé récemment lors d’un Conseil de ministre à Abidjan.

Ces déclarations montrent la détermination de la Côte d’Ivoire à faire perdurer la tradition qui veut qu’elle fournisse ses gouverneurs à la BECEAO. Le Président, Laurent Gbagbo, qui ne jure que par son candidat Bohoun Bouabré, devra encore attendre avant de s’enorgueillir de posséder, contrairement à celle de la BAD (Banque africaine de développement) qui lui a échappé, la responsabilité de cette institution internationale.

Le Niger et le Burkina Faso n’ont pas dit leur dernier mot

Car si la Côte d’Ivoire jusqu’à ce jour reste le seul candidat officiel au gouvernorat de la BCEAO, de façon officieuse il y en a d’autres qui paraissent tout de même inquiétants pour le prétendant ivoirien. Il s’agit entre autres du burkinabè Justin Damo Baro, gouverneur par intérim de la BCEAO, depuis 2005, qui de façon voilée, sur une radio mondiale a nommément fait part de ses motivations.

Le candidat nigérien qui avait pourtant hésité à se présenter serait lui aussi en lice pour le poste de gouverneur. Et si on s’en tient au spéculations des uns et des autres, ce revirement de situation serait le fruit d’un complot de certains chefs d’Etat de l’UEMOA reprochant à la Côte d’Ivoire d’avoir signé les Accords de Partenariat Economique (APE), lequel dossier divise les membres de cette union. Si l’ensemble des chefs d’Etat reste sur cette position, l’intérim de Damo Justin Barro pourrait aussi être prorogé.
Cependant, les Ivoiriens espèrent que la visite de Laurent Gbagbo, depuis mardi 15 janvier 2008, dans la capitale Burkinabé lui permettra de ramollir les positions de ses homologues. Sauf changement de dernière minute, au soir du 17 janvier 2008, Bohoun Bouabré deviendra le nouveau gouverneur de la BCEAO, et le 4e ivoirien après Abdoulaye Fatiga, Alassane Ouattara et Charles Konan Banny à diriger l’institution.

Photo: Billet de Banque et Bohoun Bouabré, le candidat ivoirien, en médaillon.