La « banque islamique » fait son entrée au Maroc

Le projet de loi qui autorisant l’ouverture de « banques islamiques » au Maroc a été adopté par le Parlement.

La loi n°103.12 a été adoptée par le Parlement marocain. Elle autorise le lancement de la finance islamique. Son vote n’est pas une surprise puisque ce projet a été déposé, le 4 septembre en 2012, par le parti au pouvoir, Justice et Développement (PJD). Le développement de la finance islamique a dès le début été un projet soutenu par le Premier ministre, Abdelilah Benkirane. A l’époque, on parlait alors de « banque participative ».

Des achats

Une fois mises en place, ces banques islamiques pourront proposer des produits tels que la « Mourabaha », c’est-à-dire l’acquisition par la banque d’un bien meuble ou immeuble pour ensuite le revendre à son client (en plusieurs mensualités) à son coût d’acquisition accompagné d’une marge bénéficiaire.

La « Ijara », qui consiste à mettre en location un bien meuble ou immeuble déterminé et propriété de la banque à la disposition d’un client, fera aussi partie des produits proposés. Cette option peut aussi bien être une simple location qu’un engagement d’acquisition pour le client.

Des investissements

La « Moudaraba » permet de mettre en relation une ou plusieurs banques qui fournissent un capital en numéraire avec un ou plusieurs entrepreneurs qui fournissent leur travail en vue de réaliser un projet. Les bénéfices sont partagés par l’ensemble des acteurs alors que les pertes sont partagées par les banques.

Enfin, la « Moucharaka » est un contrat d’investissement dans lequel la banque et le client participent aux pertes à hauteur de leur participation et aux profits selon un prorata prédéterminé.

Les banques s’arment

Les banques marocaines sont sur le qui-vive. La Banque Populaire qui offrait déjà des solutions alternatives les a retirées afin de les améliorer dans le cadre d’une filiale consacrée à la banque islamique. La BMCE Bank et la BMCI aiguisent actuellement leurs lames.

Toutefois, l’heure de la finance islamique n’a peut-être pas encore sonné. Les analystes ne s’attendent pas à une ruée de la part des Marocains vers ces types de produits, rapporte H24info. Et pour cause, les prix élevés des produits « halal » peuvent être un élément dissuasif. Pourtant, une étude menée en juin 2012 par l’Islamic Finance Advisory & Assurance Services (IFFAS) assurait que 94% des Marocains étaient intéressés par la finance islamique. Quoiqu’il en soit, la banque islamique reste un argument de taille pour attirer de nouveaux investissements.