Maroc, future plateforme régionale de la finance islamique ?

Au Maroc, le parti au pouvoir, Justice et Développement, a soumis à la Chambre des représentants, mardi dernier, un projet de loi portant sur le développement de la finance islamique. S’il est validé, le royaume pourra enfin ouvrir son marché à ce type de système bancaire.

Le parti islamiste Justice et Développement (PJD), arrivé en tête des dernières législatives marocaines, s’investit davantage dans le projet de développement de la finance islamique. Souhaité par le gouvernement d’Abdelillah Benkirane, un travail de fond a été effectué pour établir une législation et une réglementation avant de soumettre le projet de loi, mardi 4 septembre à la Chambre des représentants. Les pays du Golfe ont d’ores et déjà dans leur viseur le royaume pour s’installer et investir.

La finance islamique sera, selon le Premier ministre Benkirane, un moyen de redynamiser l’économie au Maroc. Par ailleurs, elle devrait répondre à la demande d’une majorité de la population marocaine favorable à des produits financiers conformes aux préceptes de l’Islam.

Une banque « participative »

Plutôt que « banques islamiques », c’est le terme de « banques participatives » qui est inscrit dans le projet de loi pour désigner ces établissements financiers, rapporte L’économiste. Ces futures banques, si toutefois le projet est validé, proposeront à leurs clients des produits en adéquation avec la charia. A ce jour, les banques traditionnelles ont-elles aussi le droit de proposer ces types de produits mais sous réserve d’un agrément.

Les activités des banques participatives et des banques classiques seront encadrées par une organisation : le comité charia, annonce le projet. Son rôle sera double : effectuer un travail d’audit et valider la conformité des produits proposés avec les préceptes musulmans. Ce comité mettra à disposition ses conseils aux banques qui au passage devront être transparentes et appliquer à la lettre les principes éthiques de la finance islamique.

Les préceptes de la finance islamique

Il sera formellement interdit aux banques participatives de percevoir ou de toucher le moindre intérêt, interdit en Islam. Elles pourront, entre autres, recevoir des dépôts d’investissement à condition que les rémunérations soient fixées à l’avance avec les clients. Les opérations sur or et métaux, le change manuel ou encore les produits d’assurance de personnes, sont autorisés mais réglementés par la charia.

C’est donc après deux mois de préparation que le PJD décide de déposer son projet de loi devant la Chambre des représentants. En cas de validation, une finance islamique marocaine pourrait donc rapidement voir le jour. Une aubaine pour les Marocains qui sont à 94% intéressés par la finance islamique, selon une étude menée en juin dernier par l’Islamic Finance Advisory & Assurance Services (IFAAS).

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