L’opposition prend place dans le gouvernement de Côte d’Ivoire

L’opposition ivoirienne a enfin obtenu satisfaction. Elle a réussi à faire plier le président Laurent Gbagbo au départ plutôt réticent à son entrée au gouvernement. Ainsi, les 11 postes qui restaient encore à pourvoir dans le cabinet du Premier ministre Guillaume Soro ont été attribués à des membres de l’opposition, selon un décret de M. Gbagbo lu jeudi par le secrétaire de la présidence, Amédée Couassi Blé. La mise en place du nouveau gouvernement met fin à trois semaines de crise politique amorcée par la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI) et de l’ancien cabinet voulue par Laurent Gbagbo.

La date de la formation du nouveau gouvernement ivoirien est symbolique. Le 4 mars, il y a trois ans jour pour jour, Guillaume Soro, l’ancien chef des Forces nouvelles, était conduit au poste de Premier ministre après la signature de l’accord de paix de Ouagadougou. Une journée placée sous le signe de la réconciliation qui a marqué l’entrée, jeudi, de l’opposition au sein du nouveau cabinet. Les 11 postes qui restaient à pourvoir dans le gouvernement de Guillaume Soro ont été attribués à des membres de l’opposition. Seul bémol, le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), une coalition dirigée par l’ancien président Henri Konan Bédié et l’ex-Premier ministre Alassane Ouattara, a dû renoncer à la reconduction de certains de leurs anciens ministres. En contre partie, ils ont obtenu la présidence de la Commission électorale indépendante (CEI) dont Laurent Gbagbo avait annoncé la dissolution, le 12 février dernier, en même temps que celle de l’ancien gouvernement.

La fin des violences ?

Cette formation de la nouvelle équipe met fin à trois semaines de tensions, marquées par de violentes manifestations d’opposants qui ont fait au moins sept victimes. L’heure est maintenant au travail et à l’apaisement. Le gouvernement et la CEI doivent désormais organiser une élection présidentielle dont le premier scrutin doit se tenir « fin avril-début mai », selon le dernier calendrier fixé sous l’égide du médiateur et président burkinabè Blaise Compaoré. Avant cette date butoir, Guillaume Soro a promis dès jeudi, que le gouvernement travaillerait pour parvenir à « des progrès notables sur la voie de la réunification », qui prévoit notamment un désarmement des ex-rebelles. Cette opération avait été suspendue début février, suite à des manifestations de l’opposition contre la tenue de procès ouverts visant à radier de présumés étrangers de la liste électorale. Ces incidents rappelent combien la question de la nationalité ivoirienne, au coeur de la crise de 2002, demeure encore épineuse.

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