L’OIF « impuissante » face aux coups d’Etat militaires et aux 3è mandats ?

Louise Mushikiwabo, SG de l'OIF
Louise Mushikiwabo, SG de l'OIF

Le 18ème sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) se tient ce week-end, en Tunisie. Une trentaine de dirigeants prennent part à ce rendez-vous reporté à deux reprises. L’impuissance de l’organisation face aux putschs militaires, aux troisièmes mandats et aux élections frauduleuses est toutefois dénoncée.

L’île tunisienne de Djerba accueille le sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie, à compter de ce samedi 19 novembre, jusqu’à demain dimanche. Au total, 89 délégations, sept organisations internationales et plus de trente dirigeants prennent part aux travaux. Parmi eux, le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, le Président sénégalais, Macky Sall, le Premier ministre canadien Justin Trudeau, le président du Conseil européen, Charles Michel.

La conférence se tient habituellement tous les deux ans. Elle a toutefois été reportée à deux reprises. La première fois en 2020 pour des raisons de Covid; la seconde fois en 2021, suite au coup de force de Président Kaïs Saïed, accusé d’avoir posé des actes compromettants pour la démocratie. Au programme de cette 18ème Conférence, la réélection de la Rwandaise Louise Mushikiwabo au poste de Secrétaire générale. Elle est d’ailleurs la seule candidate en lice.

« Capacité à réduire la fracture numérique »

La rencontre, qui sera axée sur la coopération économique, se penchera aussi sur le constat de recul progressif de la langue française. Cette conférence sera donc un espace d’échanges pour une vision commune des 321 millions de francophones. Elle sera en outre une opportunité d’échanger sur des sujets essentiels comme la guerre en Ukraine. Toutefois, Alioune Tine, président fondateur d’Africajom Center, estime que l’OIF a montré ses limites. Ce membre de la société civile sénégalaise dénonce une organisation « impuissante face à des élections frauduleuses, aux troisièmes mandats et aux coups d’État militaires ».

En effet, des coups d’Etat sur le continent africain, il y en a eu des flagrants (Mali, Guinée, Burkina Faso) et des déguisés (Tchad). S’agissant des troisièmes mandats, la Côte d’Ivoire reste le dernier exemple. Ce cas est d’autant plus inquiétant compte tenu de la proximité entre Paris et Abidjan. Alors que l’accent doit être mis, sur le thème « Le numérique comme vecteur de développement », la ministre sénégalaise à la Francophonie, Penda Mbow estime qu’on jugera les pays francophones sur « leur capacité à réduire la fracture numérique au sein de leur société ».

Lire : Sommet de Djerba : un livre blanc  pour doper la francophonie économique