L’Internet tunisien s’entrouvre

Le gouvernement tunisien vient de prendre deux grandes mesures : ouvrir les noms de domaines génériques et baisser les frais d’enregistrement. La Tunisie entend relancer sa politique sur les nouvelles technologies.

Finie la terminaison  » .tn « , le ministère des Technologies de la Communication a donné son accord pour que les fournisseurs de services Internet tunisiens hébergent des sites Web portant des noms de domaines génériques de type « .com « , « .net « , « .org « , etc.  » Les personnes physiques ou morales tunisiennes peuvent désormais acquérir des noms de domaines auprès des bureaux internationaux accrédités à l’échelle internationale pour l’enregistrement des noms de domaine génériques et de choisir de les héberger en Tunisie chez l’un des fournisseurs de services Internet « , souligne l’Agence tunisienne de l’Internet (ATI ). En clair, le gouvernement tunisien revient sur sa décision de contrôler totalement la Toile en imposant la terminaison  » .tn « . Il a dû se résoudre à revoir sa stratégie car les sites web tunisiens, fuyant la censure, ont émigré vers des cieux moins répressifs.

Entre la censure et la promotion

 » Selon les chiffres fournis par le moteur de recherche Hahooa ( » Le voilà « , annuaire appartenant à Wanadoo, ndlr), plus de 1 300 sites tunisiens sont actuellement hébergés à l’étranger (…). En parallèle, la terminaison tunisienne ne compte que 550 sites selon un fournisseur d’accès tunisien « , remarque le quotidien gouvernemental La Presse. L’agence tunisienne d’Internet espère, en baissant les frais d’enregistrements à 42 dinars, faire revenir les sites expatriés.  » Ces frais d’enregistrement incluent les frais de déclaration, de réservation et de gestion du nom de domaine enregistré auprès de l’ATI ou à travers les fournisseurs de services Internet en Tunisie « , explique-t-on à l’agence publique.

Cette politique risque de montrer très vite ses limites. Car les encouragements financiers demeurent dérisoires, les noms de domaine en  » .tn  » coûtent toujours plus chers, et surtout les sites installés hors de Tunisie ont, pour la plupart, fait le choix du départ à cause de la politique répressive de l’information.

Lire aussi :

Le paradoxe tunisien

Ben Ali le funambule