L’euro fait grimper les prix en Algérie

La bonne santé de l’euro face au dollar donne des sueurs froides aux importateurs algériens qui sont obligés de revoir leurs prix à la hausse. Chez les cambistes clandestins, l’euro s’échange à partir de cent dinars.

La hausse constante de l’euro depuis trois mois, jusqu’à sa parité avec le dollar lundi dernier, donne de l’urticaire aux entrepreneurs algériens inscrits dans la zone euro. Premiers concernés, les concessionnaires automobiles sont obligés de revoir leurs prix à la hausse . Obligés de procéder à leurs opérations dans la monnaie européenne, ils répercutent la bonne santé de l’euro en augmentant leurs tarifs, près de 2% chez Renault Algérie. Au total une augmentation de 4,5% depuis le mois de juin dernier. La montée exponentielle de l’euro est décriée par ces concessionnaires qui n’arrivent pas à suivre les cours du marché parallèle. La direction algérienne de cette entreprise a demandé à sa maison-mère de faire des efforts pour stabiliser les prix à Alger pour ne pas faire fuir le client. Ainsi, toutes les commandes réalisées avant le 20 juin ne seraient pas concernées par ces augmentations.

Les affaires continuent

Officiellement, l’euro s’échange contre 79,5 dinars algériens (DA). Il y a trois mois, le taux s’était stabilisé à 70 dinars, soit une hausse de près de 13%. Le seuil rouge de 80 dinars déclenche une grande angoisse chez les opérateurs algériens. Le réveil de la monnaie unique européenne fait aussi des heureux. Les concessionnaires de voitures asiatiques se frottent les mains. Jusqu’en mars, leurs concurrents des automobiles françaises avaient une marge bénéficiaire de 11% car le dollar était à 80 dinars alors que l’euro s’échangeait à 68 dinars. Cette situation remet les concurrents à pied d’égalité.

Le marché officiel des changes est inaccessible pour la majorité des Algériens qui se rabattent sur les cambistes clandestins. Mais là aussi, le taux de l’euro s’est envolé. Avec l’arrivée des émigrés et les grandes vacances, il s’échange désormais à plus de cent dinars. Il y a moins d’un mois, il était à 92 DA.

Lire aussi

Des patrons algériens eurosceptiques.