L’Espagne menacée par une nouvelle invasion de Ceuta et Melilla depuis le Maroc


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Maroc : la ruée vers Ceuta vire au drame, au moins 18 morts
Photo illustrative - Mort de migrants

À l’approche du 15 août, les autorités marocaines ont renforcé les dispositifs de sécurité dans plusieurs villes du nord du royaume après la diffusion sur les réseaux sociaux d’appels à des passages collectifs vers les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Cette mobilisation intervient quelques semaines après une vague migratoire d’ampleur ayant entraîné des morts et des milliers de tentatives de franchissement.

Le Maroc a déployé un important dispositif sécuritaire dans le nord du pays afin de prévenir de nouvelles tentatives de passage irrégulier vers les villes de Ceuta et Melilla, administrées par l’Espagne. Les mesures ont été mises en place après l’apparition sur les réseaux sociaux de messages appelant à organiser, le 15 août, des franchissements collectifs des frontières séparant le royaume des deux enclaves espagnoles.

Renforcement des contrôles dans le nord du Maroc

Vendredi, les autorités marocaines ont multiplié les contrôles routiers et les points de surveillance autour de Fnideq, ville située à proximité immédiate de Ceuta. Des mesures similaires ont également été observées dans d’autres localités du nord du pays, notamment à Tétouan, Tanger et Nador. Selon les informations communiquées par les autorités, des barrières de sécurité et des barbelés ont été installés à certains endroits proches du poste-frontière reliant Fnideq à Ceuta.

Des effectifs des forces de sécurité et des forces auxiliaires ont également été déployés dans plusieurs secteurs jugés sensibles. Cette mobilisation intervient alors que les autorités disent avoir identifié des appels anonymes diffusés sur différentes plateformes numériques invitant des personnes à rejoindre Ceuta et Melilla de manière irrégulière.

Le ministère de l’Intérieur alerte sur les appels diffusés en ligne

Le porte-parole du ministère marocain de l’Intérieur, Rachid El Khalfi, a indiqué que les services de l’État avaient constaté, ces derniers jours, la circulation de publications encourageant des franchissements collectifs vers les deux enclaves espagnoles. Selon les autorités marocaines, ces messages constituent des appels à des actions illégales susceptibles de mettre en danger les personnes qui y participeraient.

Le ministère a précisé que les services concernés surveillaient la situation et prendraient les mesures nécessaires pour empêcher toute tentative de passage irrégulier. Les autorités ont également annoncé leur intention d’intercepter les personnes impliquées dans d’éventuelles opérations de franchissement illégal des frontières.

Une nouvelle alerte après une vague migratoire massive

La vigilance des autorités intervient dans un contexte marqué par les événements enregistrés entre le 29 et le 31 juillet derniers. Durant cette période, Ceuta a connu l’une des plus importantes vagues de franchissements irréguliers de son histoire récente. Les autorités marocaines ont estimé à environ 40 000 le nombre de personnes ayant tenté de rejoindre l’enclave espagnole. Du côté espagnol, les chiffres avancés dépassent les 70 000 personnes.

Une grande partie des personnes ayant rejoint les zones frontalières est ensuite retournée vers Fnideq après les opérations menées par les autorités marocaines et espagnoles. Les conséquences humaines de cette vague migratoire ont également été au centre des préoccupations des autorités et des organisations concernées.

Ceuta et Melilla au cœur des enjeux frontaliers

Le Conseil national des droits de l’homme (CNDH), institution officielle marocaine, a annoncé que 14 personnes avaient perdu la vie lors des événements liés aux tentatives de franchissement vers Ceuta. De leur côté, certaines données relayées en Espagne font état d’un bilan plus élevé, évoquant jusqu’à 80 décès. Les chiffres publiés par les différentes parties restent donc différents à ce stade.

Situées sur la côte méditerranéenne du nord du Maroc, Ceuta et Melilla constituent les seules frontières terrestres entre l’Afrique et l’Union européenne. Les deux villes sont administrées par l’Espagne et disposent du statut de villes autonomes espagnoles. Les enclaves sont régulièrement confrontées à des tentatives de franchissement irrégulier en provenance du territoire marocain.

Malick Hamid
Je suis passionné de l’actualité autour des pays d’Afrique du Nord ainsi que leurs relations avec des États de l’Union Européenne.
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