L’économie ivoirienne grippée

La crise politique ivoirienne a de lourdes conséquences économiques pour le pays. Les autorités voient tous les pays voisins se détourner du port d’Abidjan et doivent faire face à la paralysie du trafic commercial régional afin de réapprovisionner le marché local. Des alternatives sont actuellement mises en oeuvre.

L’économie ivoirienne est meurtrie. La crise politique qui secoue le pays depuis le 19 septembre dernier paralyse toute l’activité économique régionale. La Côte d’Ivoire, carrefour commercial de l’Afrique de l’Ouest, est empêtrée dans un conflit qui paralyse la majeur partie des routes commerciales de la sous-région. Le marché local souffre de difficultés d’approvisionnement tandis que le port d’Abidjan a perdu l’ensemble des ses partenaires économiques. Les autorités, contraintes de trouver des solutions pour éviter l’asphyxie, s’organisent.

 » Nous avons d’importantes difficultés d’approvisionnement du marché, surtout en matière de bétails « , révèle un haut fonctionnaire du ministère du Commerce intérieur qui a souhaiter garder l’anonymat.  » 80% du bétail nous viennent normalement des pays du Sahel. Le principal corridor, issu du Burkina et passant par Bouaké, est aujourd’hui coupé. Nous avons développé un nouvel axe commerciale via la ville de Noé (frontière du Ghana, ndlr) mais nous devons faire face à un renchérissement de coûts de transport. Nous recevions habituellement 30 à 40 chargements de boeufs par jour à Abidjan, nous n’en recevons, actuellement, que 10 à 12 « .

Optimiste

Un trafic commercial subsiste en Côte d’Ivoire. Au compte-goutte. D’autant plus que les barrages d’autodéfense qui jalonnent le sud du pays jusqu’à Abidjan favorisent la lenteur des approvisionnements.  » Mais les marchés sont approvisionnés « , assure-t-on au ministère du Commerce intérieur. Pas de pénurie donc ni de  » marché noir  » dans le pays.

Le port d’Abidjan tourne au ralenti. Au détriment de Cotonou (Bénin), de Lomé (Togo) ou des installations ghanéennes. Les autorités restent tout de même confiantes quant à l’après crise et compte retrouver l’ensemble des ses partenaires économiques. Elles avancent  » la qualité du service et des infrastructures  » pour garantir le renouveau du port d’Abidjan. Dernier argument pour expliquez l’optimisme ivoirien : l’augmentation des coûts de transports que suscite les nouvelles routes commerciales pour les pays voisins. Un argument de taille qui devrait, espère-ton, peser dans la balance.

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