L’Autriche refuse de céder à l’ultimatum d’Al-Qaïda

Malgré les menaces du groupe armé, l’Autriche n’interviendra pas auprès de l’Algérie et de la Tunisie pour faire libérer les prisonniers d’Al-Qaïda. Elle demande la libération immédiate des deux autrichiens retenus en otage depuis un mois.

Vienne n’a pas l’intention de marchander la vie de ses deux compatriotes avec le groupe armé Al-Qaïda au Maghreb. « L’Autriche ne négocie pas avec les terroristes » a déclaré, vendredi, Alfred Gusenbauer, le chancelier autrichien qui refuse catégoriquement de répondre aux exigences et aux menaces proférées par le groupe islamiste.

Le groupe armé, qui se présente sous le nom de « Yahya Abou Ammar » a fait savoir qu’il donnait trois jours à l’Autriche, à compter de jeudi minuit, pour demander la libération des prisonniers détenus en Algérie et en Tunisie. « L’Autriche est responsable de la vie des deux otages au cas où le délai expire sans que nos demandes soient satisfaites », avait annoncé l’organisation terroriste dans un communiqué diffusé sur internet. En gage de preuve, les ravisseurs avaient joint à leur message six photos des deux Autrichiens, Wolfgang Ebner et Andrea Kloiber.

Que vont devenir les otages ?

Est-ce parce que le groupe armé a tenté de faire pression sur les familles que le fils de Wolfgang Ebner a demandé au gouvernement autrichien de « tout faire pour ramener les deux otages en Autriche sains et saufs » ? Le Chancelier s’est voulu rassurant et a affirmé que son pays avait « pris les mesures appropriées afin de préserver les vies, le bien-être physique des otages ».

L’Autriche, qui ne dispose pas de service de renseignement très performant, compte se faire aider par les Français et les Allemands, bien implantés en Afrique du Nord, pour tenter de trouver une solution. Ce vendredi, la France a assuré son soutien à l’Autriche en mettant notamment à sa disposition son service d’espionnage, la DGSE.

Il reste, notamment, à déterminer l’endroit où pourraient être retenus les otages. Au moment de leur disparition, aux alentours du 18 février, date de leur dernier contact téléphonique, Wolfgang Ebner et Andrea Kloiber, randonnaient dans le sud de la Tunisie, mais il est possible que les ravisseurs aient traversé le territoire algérien pour rejoindre leur base arrière dans le Sahel, au Mali.

Le ministère de l’intérieur a envoyé en Tunisie, dès la semaine dernière, un membre du service autrichien de lutte contre le terrorisme afin de renforcer les relations diplomatiques entre les deux pays. Quant au chancelier autrichien, il demande aux ravisseurs « la libération immédiate et sans conditions des deux otages ».