L’Amérique fête l’investiture d’Obama

A la veille de l’investiture de Barack Obama, l’Amérique s’active. Des concerts et des bals rythmeront la journée du 20 janvier. De nombreux artistes sont attendus le Jour J : les chanteuses Aretha Franklin et Beyoncé, la présentatrice noire Oprah Winfrey, ainsi que le réalisateur Spike Lee. Seul bémol, la participation, lors de cette cérémonie, du pasteur Rick Warren connu pour ses positions radicales contre le mariage homosexuel et l’avortement.

J-1 avant l’investiture de Barack Obama. Le 20 janvier, sur les marches du Capitole, le 44ème président des Etats-Unis prêtera serment sur la même bible qu’Abraham Lincoln, son modèle politique. Et c’est dans un froid hivernal qu’il prononcera son très attendu discours inaugural. Seul ombre au tableau, et pas des moindres, la présence de Rick Warren qui devrait prononcer une prière après l’allocution de Barack Obama. Pour rallier les républicains à sa cause, le président des Etats Unis n’a pas hésité à inviter le révérend intégriste, opposé au mariage homosexuel et à l’avortement. Un choix vivement critiqué par les démocrates mais qui ne semble pas choquer la majorité des Américains, toujours plus nombreux à soutenir Obama.

Un show à l’américaine

Preuve en est : les autorités attendent entre 1,5 et 2 millions de personnes pour le Jour J. On est bien loin des 300 000 supporters venus assister à l’investiture de son prédécesseur, George W. Bush. Il faut dire que pour satisfaire ses fans, Obama a fait les choses en grand. Malgré un contexte économique en berne, le président des Etats-Unis a débloqué 150 millions de dollars soit 113 millions d’euros pour sa fête présidentielle. A côté de cette « coquette » somme, les 42 millions de dollars (31 millions d’euros) dépensés par Georges W. Bush en 2005 et les 33 millions de dollars (24 millions d’euros) par Bill Clinton en 1993 paraissent bien faibles.

Grâce à ce budget pharaonique, cette investiture prend des airs de grand show à l’américaine. Aretha Franklin, « la diva noire », mais aussi d’autres chanteurs, acteurs, réalisateurs seront de la partie : Steevie Wonder, Lionel Richie, les Maliens, Amadou et Mariam, invités personnels de Barack Obama, la sulfureuse Beyoncé, la présentatrice noire Oprah Winfrey, Spike Lee… et bien d’autres. Néanmoins, sans doute pour des raisons de sécurité, aucun chef d’Etat ne devrait assister à la cérémonie d’investiture. Seuls les ambassadeurs pourront y être conviés. Le Kenya, qui a vu naître le père de Barack Obama, n’aura pas, non plus, droit à un traitement de faveur. Aucune délégation officielle de ce pays ne sera présente le Jour J.

Investiture américaine : mode d’emploi

L’Inauguration Day est le jour, aux États-Unis, où le président élu prête serment et prend ses fonctions. Le vice-président élu prête également serment et rentre en fonction le même jour. L’assermentation se tient traditionnellement sur les marches du Capitole, dans le centre de Washington. Le vice-président prête serment au cours de la même cérémonie. Cette tradition a débuté en 1937. Auparavant la prestation du vice-président se tenait au Sénat (dans une des ailes du Capitole).

Le vice-président prête serment en premier. À midi précises, le président prête serment à son tour, traditionnellement devant le président de la Cour suprême. Après le serment, le président fait alors un discours qui donne le ton de la future politique de la nouvelle administration.

Obama : une manne commerciale

Une série de bals devrait clôturer cette journée. Au cours de ceux-ci, le couple présidentiel devrait esquisser quelques pas de danse comme le veut la tradition. De grands bals ouverts à la population pour un prix modiques seront aussi organisés. Pour les personnes qui n’auraient pas réserver leur place, les cafés et restaurants de la capitale organiseront des soirées d’inauguration. Une aubaine pour les commerçants qui surfent sur la vague Obama. De nombreuses sociétés ont profité de l’événement en proposant des produits dérivés célébrant le grand jour à l’effigie du président élu : tasses, verres, affiches. Ce succès a donné des idées au comité officiel d’organisation des cérémonies qui a ouvert une boutique de souvenirs pour l’occasion.

Si les Etats-Unis connaissent un marasme économique sans précédent, le phénomène Obama, lui, ne connait pas la crise.

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