L’Algérie se lance à la traque de «criminels» français décédés

Abdelmadjid Tebboune (02 nov 21)
Le Président algérien, Abdelmadjid Tebboune

Le gouvernement algérien sera prochainement saisi par les 407 parlementaires de l’Assemblée Populaire Nationale, attendus pour être des signataires d’un document visant à faire du colonialisme un crime. Un vote en effet «historique», puisque l’Algérie devra juger des Français décédés depuis plus de 50 ans.

L’Algérie se lance à la traque du colonisateur français. Comme le signale la presse algérienne, il s’agira d’un «vote historique», puisque les 407 parlementaires de l’Assemblée Populaire Nationale sont attendus pour être des signataires d’un document visant à faire du colonialisme un crime contre l’humanité.

Il s’agira, selon L’Expression, «de mettre le colonialisme français dans le box des accusés de crime contre l’humanité». Dans ce sens, «une proposition de loi émanant de l’Assemblée populaire nationale a réuni plus d’une centaine de signatures… La démarche n’émane pas de l’Exécutif, mais du pouvoir législatif», précise le journal.

«La nature de la proposition de loi, qui a toutes les chances d’être soumise au débat et à l’adoption par l’APN, concerne le sensible sujet de la colonisation française en Algérie. Le texte qui, rappelons-le, a déjà réuni un nombre important de soutiens parmi les députés, a trait à la criminalisation de la colonisation», poursuit le journal, qui cite Radio Algérie internationale.

Le média évoque «l’adhésion de parlementaires de toutes les obédiences politiques qui composent l’Assemblée populaire nationale», sans «aucune exception. Les tendances nationaliste, islamiste, démocrate et des indépendants figurent tous sur la liste de soutien à ladite proposition de loi», poursuit la presse algérienne.

Le but, indique-t-on, est de mettre en place un «document ouvrant la voie à un vote historique, celui de mettre le colonialisme français dans le box des accusés de crime contre l’humanité». Une question soulevée «après les propos détestables du Président français, Emmanuel Macron, et l’usage qui est fait de la colonisation dans le cadre de la pré-campagne électorale pour la Présidentielle française».

Sauf qu’il sera question pour Alger, comme il avait été indiqué, de lancer une traque contre les responsables de la colonisation en Algérie, qui sont enfouis sous terre. Des responsables d’atrocités certes, mais qui ont pour noms René Coty, décédé depuis 1962, et Charles de Gaulle mort en 1970.

Quant à Emmanuel Macron, que l’Algérie veut désigner colonisateur par procuration, il est né sept ans après la mort de Charles De Gaulle. L’actuel dirigeant n’est en rien responsable de ce qui s’est passé avant sa naissance. Mais Alger semble avoir du temps à perdre à juger des personnes d’un autre monde.

A lire : Algérie, France : et si on parlait un peu mémoire !